TRAVAUX D’UTILITE PUBLIQUE
A Porrentruy, les travaux commencés depuis plus d’un siècle pour amener au château une source voisine, furent aussi repris et menés à bonne fin. Jusqu’alors on avait dû alimenter d’eau la résidence prineière au moyen du puits monumental qui remonte à la plus haute antiquité. La difficulté du mécanisme qui réclamait des bras vigoureux, et la profondeur extrême de ce puits qui ne livrait son eau qu’après de puissants efforts, rendaient une fontaine absolument nécessaireau château. On songea à faire monter l’eau de la Chaumont; mais le mécanisme exigeait un entretien et des complications impossibles. Le prince Jean Henri d’Ostein résolut d’amener au château une -source voisine qui coulait dans la forêt du Fahy, du côté de Courchavon. La guerre de trente ans arrêta les travaux. Le prince de Rinck les fit reprendre. Il fit faire, au rapport d’un témoin oculaire, la recherche des lieux où l’on avait déjà commencé à creuser des galeries souterraines à travers la montagne derrière le château jusqu’au bas de la Combe-Grésat, dans la forêt du Fahy. Il fit suivre cet ouvrage depuis le mois d’avril 1747 jusqu'au 6 novembre 1751 où les deux troupes de mineurs, occupés à creuser cette galerie, l’une du levant au couchant, et l’autre du couchant au levant, se rencontrèrent à quatre ou cinq pieds de près, ayant ainsi percé 380 toises de terrain à travers des rochers très durs. Cette source située dans la partie du Fahy appelée Varieux, est distante de 1379 toises du commencement des galeries et a fourni jusqu’en 1793 de l’eau à plusieurs fontaines tant au château qu’au couvent des capucins. 1
La joie fut grande à Porrentruy à l’achèvement de ces travaux importants. Le collège donna, le 4 et le 6 septembre 1752, une pièce qui rappelait l’événement du jour. L’intermède en musique figurait les quatre saisons dressant pour la fontaine promise un beau bassin," et l’épilogue représentait „le génie de la très illustre famille de Rinck de Bal denstein ouvrant une source abondante, d’où coulent avec l’eau si longtemps désirée, la joie et le grand avantage du public, à l’honneur immortel de l’auteur d’un ouvrage si utile." 2
A la même époque, l’évêque de Râle, voulant avancer l’étude des sciences, fit ouvrir une classe de mathématiques, géométrie et autres pour les ouvriers de la ville qui furent invités à y assister. Le 25 janvier 1751, les quatre corps de métiers réunis dressèrent une liste de ceux qui voulaient assister à ces leçons. 3 C’étaient les conférences aux ouvriers, en usage un siècle avant leur invention par les libérâtres modernes.
On doit également au zèle éclairé du prince de Rinck la confection d’un cadastre dont le besoin se faisait sentir pour l’établissement des rôles d'impositions. Pour Porrentruy, ce travail fut fait sous la direction et l’inspection du conseiller aulique Humbert, avec un très grand soin. Le conseil de ville nomma six hommes assermentés pour le mesurement des terres du territoire de Porrentruy. Une commission fut choisie, le 6 avril 1752, „pour faire valoir les droits de la ville, au sujet de la carte topographique qui, d’après l’ordonnance de Son Altesse, du I 1 décembre 1751 et 20 mars 1752, doit servir à la postérité, des terrains communaux et fonds compris dans le ban de Porrentruy “ . 4 Cet at las a traversé la révolution et il est demeuré un document souvent consulté pour la ville et ses environs.
1 Note des archives du château de Porrentruy. = 2 Histoire du collège de Porrentruy, p. 142. =
3 Délibérations du conseil de Porrentruy. = 4 Ibid, ad 1752.