‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 355 sur 612 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

populaire qui est restée dans le souvenir de tous les Ajoulots: „Je m’appelle Mont, joie, je viens en Ajoie vous apporter la joie." Ce discours très laconique eut plus de succès que la harangue la plus éloquente et le prince fut acclamé par son peuple.

Simon Nicolas demanda la consécration épiscopale au cardinal de Choiseul- Beaupré. Ce fut à Gy, dans sa magnifique résidence que, le 10 juillet 1763, l’archevêque de Besançon sacra le prince de Montjoie, qui lui fit présent d’une riche vaisselle d’argent.

Le nouveau prince reçut, quelque temps après son sacre, la visite et les félicitations du célèbre maréchal de Contades qui avait alors le commandement de l’Alsace. C’était un grand personnage qui s’était illustré dans maintes batailles et avait gagné par sa valeur le bâton de maréchal de France. La ville de Porrentruy se mit sous les armes pour le recevoir, et fit entendre toutes les décharges de son artillerie. Le prince fit au maréchal l’accueil le plus distingué. Arrivé le 18 septembre 1763, M. de Contades dîna au château et repartit le même jour.

Quelques jours après cette visite, le prince de Montjoie fit au séminaire de Porrentruy sa première ordination (24 septembre 1763). — L’ambassadeur de France en Suisse vint à son tour faire visite au vénérable prélat, le 8 novembre 1 7 64. La bourgeoisie sous les armes lui fit une brillante réception: arrivé le jeudi, le noble personnage retourna à Soleure, le lundi suivant, avec le même cérémonial.

En 1766, Simon Nicolas entreprit la reconstruction des halles qui appartenaient â l’évêque de Bâle. C’était là qu’on devait porter pour la vente tontes les denrées qui se vendaient les jours de foire et de marché, parce que tous ces objets devaient payer une redevance à la ville. On trouvait aussi aux halles le marché aux grains. Lorsque le vieux bâtiment fut construit par les soins de l’évêque de Bâle en 1551, la ville contribua pour le quart à cette bâtisse: pour cette nouvelle construction, elle fournit cent louis; le prince se chargea des autres dépenses qui montèrent à l’énorme somme de quatre-vingt mille livres de Bâle. Nicol marque avec soin sur son journal toutes les phases de celte importante construction. „On a commencé, dit-il, à démolir les halles, sur la fin de février et au commencement de mars 1766. C’est pourquoi on a transféré l’aménage et le poids au magasin aux sels de Son Altesse. Le prince de Montjoie bénit et posa la première pierre des halles le 12 mai 1 766, entre huit et neuf heures du matin, en présence du clergé qui y était en procession, de la cour, et des conseils de la ville. „Son Altesse, est-il marqué au Livre des petites dépenses, déposa trois louis d'or sur la pierre angulaire. M. Paris, l’architecte des halles, après avoir harangué le prince, le revêtit d’un superbe tablier, et lui présenta la truelle et le marteau. Son Altesse lui donna trois louis d’or." La charpente des halles fui placée en automne 1767, l’édifice fut achevé au commencement de 1769. Le prince y lit disposer au deuxième étage des appartements pour les étrangers qui ne pourraient loger au château. "

Les relations très amicales que Simon Nicolas entrenait avec la ville, lui permirent de conclure un arrangement qui mit lin à de vieilles contestations au sujet de la constitution civile de 1598. On régla à l’amiable ce qui regardait l’office d’un châtelain au conseil de la ville, l’élection des magistrats, les franchises de la cour à l’égard des charges civiles, la réception des bourgeois, habitants et résidants, le partage des amendes, la juridiction du magistrat dans les causes fiscales, les

ENROLEMENTS A L'ETRANGER

forêts et leur police, le pâturage dans le Fahy, les inventaires, testaments et hérédités contentieuses, les auberges, la disposition des biens communaux et en particulier la vente de la Maltière. En reconnaissance de ces arrangements qui étaient à l’avantage de la ville, le conseil renonça en faveur du prince au droit de chasse qui avait été garanti aux bourgeois par le traité de 1551 appelé le départ des lièvres. Le tout fut ratifié de part et d'autre, avec le consentement du grand Chapitre d’Arlesheim, le 1 7 juin 1 7 65. Les bourgeois réunis approuvèrent le traité

Jean Baptiste Ferdinand Sebastien, baron d’Eptingen,

bailli de l'ordre teutonique, colonel du régiment du prince-évêque de Bâle au service de la France.

le 21 août 1765, sous réserve que si le prince changeait de résidence, ils rentreraient dans leur ancien droit de chasse. 1

Jusqu’alors la garde des portes de la ville était confiée aux bourgeois qui devaient faire ce service à tour de rôle. Le prince les autorisa en 1768 à lever une compagnie de trente hommes pour les remplacer à la garde des portes. Les nouveaux soldats entrèrent en fonctions le 28 octobre 1768.

La même année, le prince fit dresser une nouvelle capitulation qui fut agréée et signée par Louis XV, concernant le régiment que l’évêque de Bâle possédait au service de France (avril 1768). C’était le prince de Rinck qui avait autorisé

Archives de Porrentruy.

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