‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 358 sur 612 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

quarante cordes de bois au grand bailli de Schliengen, etc. Les envoyés du prince de Montjoie étaient de retour à Porrentruy le 18 juin.

L’échange des articles signés par les deux contractants se fit quelque temps après à Bâle par le chancelier Bilieux et M. de Valloux, bailli à Erlach. Le grand Chapitre et le Saint-Siège approuvèrent et confirmèrent ces arrangements.

L'âge n’avait point affaibli l’activité du prince de Montjoie et sa sollicitude s’étendait sur toutes les parties de l’administration de ses États. La mendicité était une des plaies de l'évêché en 1769; sans vouloir refuser aux pauvres l’assistance qui leur était due, le prince résolut de réglementer les secours et de moraliser la classe indigente, trop souvent livrée à la fainéantise et au libertinage. Le 1 8 février 1769, il lit paraître une ordonnance qui interdisait absolument la mendicité en ville et hors de ville. Chaque commune d’Ajoie devait dresser une liste exacte de ses pauvres. Cette liste devait être remise à une commission chargée de l’examiner et de fixer les aumônes à distribuer à chacun. Chaque mardi les aumônes devaient être recueillies à domicile par des gens nommés par la commission. „ Il

y aura â cet effet, dit l’ordonnance (art. VII), une charrette propre à charger le pain, le grain, vêtements et autres semblables effets, et une boite fermée à cadenas pour recevoir les charités en argent. Le tout sera transporté et resserré â l’hôpital de cette ville, confié au receveur quant aux grains et argents et aux sœurs hospitalières pour le pain et vêtements ou nippes. Il y aura aussi une boîte expresse bien fermée â l’entrée de l’hôpital dans laquelle ceux qui ne voudront pas jeter leur argent dans la boîte qu’on portera dans les rues les mardis, pourront le mettre à leur volonté (art. VIII). Les aumônes seront distribuées â l’hôpital, par deux des membres de la députation, savoir les mercredis aux pauvres de la ville et les jeudis à ceux de la seigneurie de l’Ajoie (art. IX). Chaque paroisse pourvoiera â ce que les jeudis, il y vienne â l’hôpital un homme, avec une charrette ou un cheval qui sera porteur d’un certificat du curé et ayant charge du lieu, l’autorisant à prendre les aumônes de la paroisse pour un tel jour. Les distributeurs des aumônes lui en remettront un autre, contenant la qualité et quan- I il é de celles qui lui auront été remises et qu’il conduira dans le chef-lieu dans la paroisse. Là il les déposera dans la maison du premier officier où on en fixe la distribution parmi les pauvres inscrits dans les listes avec de plus de justesse, de discernement et de proportion possible (art. XIV). Il sera placé à côté des principales routes qui conduisent aux portes de cette ville des poteaux avec une affiche en grosses lettres, en français et en allemand, portant Défense de mendier dans la ville de Porrentrni/ à peine d’ emprisonnement. u

La régularisation de l’aumône n’enleva rien à la charité qui doit la multiplier et la faire accepter. En 1770, il y eut une grande cherté: en juin, le pénal ou boisseau de grain se payait à l’aménage de Porrentruy cinquante-cinq et cinquantehuit sols, et dans la vallée de Delémont jusqu’à trois livres bâloises. Nicol relate avec soin que le beurre se vendait alors six sols, les œufs quatre et cinq sols la douzaine et les chandelles sept, et huit sols la livre. „I1 fait cher vivre en cette saison, écrit-il le 1er avril 1770; tout est cher. Chaque confrère des cordonniers,

Sceau du régiment d’Eptingen.

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