MORT DU PRINCE DE MONTJOIE
et demie après-midi à son grand âge et à ses infirmités. On croyait déjà samedi qu’il ne verrait pas le jour suivant, mais le dimanche matin, contre toute attente, il se trouvait mieux qu’il n’avait été depuis trois semaines. Cette lueur d’espérance ne dura pas. A neuf heures du matin du même dimanche, il entra en agitation et pendant vingt-trois heures il n’a fait que parler et se plaindre, de sorte qu’accablé de fatigue il fut assoupi le lundi et le mardi. Hier matin, il paraissait assez bien, lorsque vers neuf heures et demie il entra en agonie et mourut au moment qu’on se levait de table. Vous vous persuaderez sans peine que cette mort nous est sensible. Il m’enlève mon souverain et mon bienfaiteur et ne me laisse que de faibles prières à adresser au Tout-Puissant pour le repos de l’âme de ce prince . . .
L’église de Miserez.
„Le même jour, écrit encore M. de Bilieux, l’exprès envoyé à Arlesheim retourna et rapporta que Nos Seigneurs les chanoines arriveraient aujourd’hui ici; nous les attendons donc vers les cinq ou six heures (17 avril). Ils y seront tous sauf M. le grand-doyen, l’archidiacre et M. Knupfer qui gardent la résidence du Chapitre. Le jour de l’enterrement est fixé sur après-demain, 19 du courant, et celui de l’élection sur le 39 mai. Le corps de feu Son Altesse embaumé a été exposé pendant trois jours dans le corridor derrière ses appartements. On y avait établi un autel où l’on disait la messe pendant toute la matinée. De là on l’a transporté à la chapelle du bas où il est resté découvert jusqu’avant-hier soir qu’on l'a mis au cercueil, quoiqu'il fût encore parfaitement conservé et sans odeur; mais la répugnance qu’ont témoignée quelques chanoines de voir un mort, a été cause qu’on l’a mis entre quatre planches. “
Les obsèques du prince de Montjoie eurent lieu le 19 avril 1775, avec une grande solennité. Le mauvais temps empêcha le cortège de se déployer sur la