CHAPITRE XXXVII
„Le 12, M. le général et son frère reçut les compliments de condoléance et n’y put répondre qu’avec de gémissements et des sanglots. Frédéric de Wangen est mort à l’âge de cinquante- cinq ans et quelques mois et dans la huitième de son règne.
„Le 17, arriva le Haut Chapitre à onze heures du matin. Le 18, le Haut Chapitre reçut les compliments. Le 21, se fit l’enterrement du prince Frédéric avec la plus grande pompe qu’on puisse imaginer. On avait prié les Révérendissimes ahbés de Bellelay (M. de Luce) et de N.-D. de la Pierre (M. Brunner) d’y assister."
Les obsèques furent faites dans l’ordre observé pour le prince de Montjoie. A l’église paroissiale, le cœur du vénérable défunt fut inhumé par le curé, au pied de l’autel. A l’église des jésuites, le P. Yogelweid prononça l’oraison funèbre du prince qui fut ensuite déposé dans le caveau de ses prédécesseurs. Le 23, on fit l’ouverture du testament du prince de Wangen qui nommait le général, son frère, son héritier universel. Ce testament fit grande sensation. De alieno testari nequit , dit le grand Chapitre. „ Autrefois, dit M. Kuhn, les chanoines avaient le droit de spolium à la mort de chaque prince, c’est-à-dire que la dépouille du prince défunt leur appartenait. Mais pour obvier à l’inconvénient que le successeur ne trouvât le trésor vide et le château sans vivres et sans meubles, il était réglé que chaque chanoine se contenterait de cent louis d’or. Le prince était de tout temps considéré, non comme le propriétaire des biens de la principauté, mais comme l’administrateur et l’usufruitier. Chaque prince jouissait annuellement d’une somme assez considérable; elle était au commencement de douze mille livres tournois pour son propre usage, ce qu’on appelait son argent de jeu. Mais le prince de Wangen ne voulut pas s’assujettir à cette coutume qu’il trouvait humiliante et voulut être maître de tous les biens disponibles sans attaquer aucun fond. A son avènement, il avait fait vendre par encan tous ses meubles et son argenterie et fait verser la somme en provenant dans le trésor de l’évêché. Il crut donc être en droit de pouvoir disposer en premier lieu de la valeur de son mobilier qui avait été estimé à quatre cents louis d’or, ainsi que d’une Somme égale à celle, si pendant les huit années de son règne, il avait tiré son argent de jeu comme ces prédécesseurs. Il ordonna donc par son testament que les quatre cents louis d’or seraient distribués à tous les employés de la cour (les cavaliers et conseillers exceptés) et disposa de cent mille francs en faveur du général de Wangen, son frère. Les grands chanoines furent fort surpris à l’ouverture de ce testament, le premier peut-être qui fût fait par un prince, et firent difficulté de l’exécuter. Mais le général les menaça de porter ses plaintes au conseil d’Etat du roi de France pour obtenir séquestre et saisie sur les revenus de l’évêché en Alsace. Le Chapitre finit par se décider à exécuter le testament, mais seulement par (/ratification et non par partie Le général satisfait partit le 9 novembre avec son fils Frédéric qui faisait les délices du prince défunt. — Le règne de Frédéric de Wangen restera parmi les plus mémorables des princes-évêques de Bâle.
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Les armoiries des bailliages de l’évêché de Bâle.