‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 391 sur 612 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Deiim. Le soir, à sept heures et demie, il fit sa tournée avec M. le commissaire pour voir les illuminations."

A ces détails, pris sur les faits, le P. Voisard, témoin oculaire, ajoute une page qui jette un jour nouveau sur les mobiles de cette élection si précipitée et si unanime. „Le Haut Chapitre d’Arlesheim, dit-il, ayant reçu des nouvelles de la maladie dangereuse du prince Frédéric IV, tint aussitôt chapitre à Arlesheim, et ayant député M. de Gléresse, sous prétexte de l'envoyer pour s’informer de sa part de la santé du prince, MM. les grands chanoines convinrent qu’en cas que Frédéric de Wangen vînt à décéder, ils choisiraient pour son successeur M. de Roggenbach. La raison de ce procédé était parce qu’ils craignaient de fortes recommandations tant de la part de l’empereur pour Maximilien, son frère, que de la part du roi de France pour le prince Louis de Rohan, évêque de Strasbourg. Leur crainte était très fondée, car le commissaire, M. de Lehrbach, leur dit que le prince Louis de Ftohan avait écrit pour ce sujet à l’empereur, et l’avait prié d’ordonner à son commissaire de le recommander au Haut Chapitre, et il ajoutait qu’il en avait déjà quelques voix assurées; mais que l'empereur Joseph lui avait fait répondre qu'il ne gênerait jamais les chapitres d’Allemagne dans leurs élections, et que, outre cela, il souhaitait même qu’ils en choisissent toujours un de leur corps et un de ses sujets. Voilà ce qui confirma davantage les grands chanoines à choisir unanimement M. de Roggenbach qui est sujet de l’empereur." 1

François Sigismond Joseph de Roggenbach, d’une famille qui avait déjà donné à l’église de Râle un évêque de ce nom, était né le 14 octobre 1726: il était dans sa cinquante-sixième année. Chanoine du chapitre de Bàle depuis 1741, il en était le grand écolàtre lorsque les suffrages de ses collègues le portèrent au siège épiscopal. Son sacre n’eut lieu que le 28 octobre de l’année suivante. Ce fut l’archevêque de Besançon, Mgr Durfort, cpii vint à Porrentruy sacrer le nouvel évêque de Bàle. La cérémonie se fit dans l’église du collège avec une grande solennité; le prince était assisté par le suffragant de Besançon, Mgr de Rosy, et par Gobel, évêque de Lydda. Le prince et la princesse de Montbéliard assistaient au sacre dans la loge du château.

Un des premiers actes du prince de Roggenbach fut de promulguer (16 décembre 1782) un bref du pape Pie VI du 21 mai I 782, qui supprimait un certain nombre de fêtes dans le diocèse de Bàle. Les fêtes obligatoires furent réduites aux suivantes: Pâques et Pentecôte avec les lundis suivants, la Circoncision, l’Épiphanie, l’Ascension, la Fête-Dieu, Noël, la Purification, l’Annonciation, l’Assomption, la Nativité, l’Immaculée-Conception, St. Pierre et St. Paul, la Toussaint, St. Étienne, St. Joseph et la fête patronale de chaque paroisse. — Peu après, le prince de Roggenbach prit une mesure qui mécontenta profondément la population de Porrentruy. Il était d’usage d’enterrer les bourgeois dans l’église de St. Pierre où la plupart des familles avaient des tombes attitrées. Le prince fit une ordonnance, le 1er juin 1783, qui interdisait désormais les sépultures dans les églises, et n’exceptait que les curés, patrons et fondateurs. Les propriétaires de tombes dans l’église de Saint-Pierre à Porrentruy avaient le droit de se faire inhumer dans l’église de Saint-Germain. Les fosses devaient désormais être creusées à six pieds de profondeur et les cercueils couverts de chaux. Ces mesures commandées par

1 Journal du P. Voisard, p. 16 et 17.

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