DIVERSES ORDONNANCES ADMINISTRATIVES
la santé publique furent mal accueillies dans le pays et l’on remarque que le chancelier de Bilieux, qui avait été l'un des promoteurs de cette mesure, tendant à faire cesser les inhumations dans le voisinage de sa maison, fut le premier qui fut porté et enseveli dans l’église de Saint- Germain, le 20 juillet de la même année. Chancelier sous quatre princes, M. de Bilieux d’Ehrenfeld (Joseph François Dominique) a laissé une mémoire entourée de la vénération publique. Toute la ville assista en larmes à ses obsèques et le prince voulut faire les frais de son monument funèbre.
A cette époque, la grande congrégation des bourgeois, qui avait son siège à l'église du collège, fit fondre à ses frais une cloche qui fut baptisée par l’évêque de Lydda le 26 décembre 1782. M. de Schœnau et Mme de Reuttner étaient parrain et marraine. La cloche fut appelée Igmce Victoire. Le prince de Roggenbach, n’étant pas encore sacré, se fit remplacer par son suffragant dans cette cérémonie; il en fit autant pour le sacre de l’évêque de Lausanne, Mgr de Lentzbourg, qui eut lieu à Bellelay le 24 août 1783. Gobel fut le consécrateur et le prince de Roggenbach se contenta de faire dans l’après-midi une visite au nouveau prélat. 1
La sollicitude du prince pour ses sujets n’en était pas moins active. Nous trouvons dans cette même année 1783 plusieurs ordonnances qui attestent l’intelligente administration et le dévouement du souverain à ses peuples. Deux incendies avaient lieu à Porrentruy sur la fin de 1782; le prince lit faire un règlement détaillé concernant les incendies (20 mars 1783). Ce règlement renferme toutes les précautions à prendre pour prévenir ces sinistres: construction des cheminées, qui doivent être ramonées au moins trois fois par an ; usage obligatoire des lanternes dans les granges, écuries, etc.; défense d'y fumer; visite générale de toutes les maisons de la ville deux fois par an, par le magistrat, etc. La manœuvre des pompes devait être dirigée par une ou deux personnes actives choisies par le magistrat. Le service de chaque pompe confié à deux chefs robustes et hardis, choisis parmi les serruriers, maréchaux, charrons, selliers ou cordonniers, couverts d'un casque et pourvus d’un tablier de cuir, avec les aides nécessaires, les charpentiers et maçons chargés du soin des échelles et crochets. La liste de tous ces hommes dressée chaque année est affichée à l'hôtel -de-ville. Ils sont tenus par serment de se trouver aux incendies et d’y rester aussi longtemps qu’il sera trouvé nécessaire. Tous les trois mois, les pompes seront éprouvées et leurs tuyaux graissés trois fois par an; il y en aura cinquante pieds pour chaque pompe. Chaque ménage devait avoir en provision au moins deux baquets d’eau. En cas d’incendie, il faut crier au feu par toute la ville et les tambours, tant de la garnison que des compagnies bourgeoises doivent battre l’alarme par toutes les rues. Les châtelains, maîtresbourgeois, lieutenants et tous membres du magistrat s’y trouveront avec les chefs des quatre corps et quatre ouvriers, maçons, couvreurs ou charpentiers pourvus de casques, de marteaux et haches, qui connaîtront l’état du feu ; sur leur rapport, on fera sonner le tocsin et tirer un coup de fusil pour avertir la garde du château. Les habitants devront accourir; les seaux de cuir bouilli seront portés en bâte aux fontaines les plus voisines ; on fera la chaîne. La nuit, il y aura des lanternes allumées devant les fenêtres. Toute la garnison sera sous les armes, devant l’hôtel-de-ville ; la garde des portes doublée ; un caporal et des soldats garderont la maison incendiée, pour empêcher les vols. Après l’incendie, personne ne doit quitter sans le congé du
1 Archives de l’ancien évêché de Bâle. — ■ Journal du P. Voisard.