‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 395 sur 612 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

Art. IV. Pour mettre les écoliers à portée de faire usage dans la suite de la facilité qu’ils auront acquise à lire, à écrire, à nombrer; pour leur apprendre à écrire chaque mot selon les règles de l’orthographe, à comprendre les nombres et les citations, comme aussi pour leur donner une teinture de la façon d’écrire une lettre, de faire une cédule ou billet, de dresser un compte, une quittance; le Maître-d’école aura soin de leur donner dès le commencement une connoissance exacte et solide de la différence des lettres et de leur formation, des accens, de la ponctuation et de la prononciation. Il ne prescrira dans les commencements aux enfants, qui apprennent à lire, que le catéchisme, d’où il tirera aussi les exemples d’écriture et les citations qu’il donnera et dictera à ses écoliers; et ce ne sera qu'en suite de tout cela qu'il les exercera à écrire une lettre, à dresser un compte, à faire une quittance ; ce moyen étant le plus propre à leur faire faire les progès qu’on en attend.

Art. V. Les Maîtres-cl’ école seront tenus de donner chaque jour à leurs écoliers un devoir à remplir ou une leçon à apprendre au logis. Ils leur défendront de paroître dans les rues pendant certaines heures de la journée, et réprimanderont sérieusement, ou selon les circonstances puniront ceux, qui contre la défense sortiroient du logis aux heures susdites; à moins qu'ils n’aient été envoyés par leurs parents pour faire quelque commission nécessaire.

Art. VI. Les Curés et les Préposés des lieux présenteront à nos Hauts-Officiers, à la Toussaint de chaque année, une liste ou catalogue des enfants qui devront fréquenter la classe: ils leur indiqueront aussi les jeunes-gens, qui ayant déjà appris tout ce qui est prescrit, n’auroient par conséquent plus besoin de fréquenter l’école.

Art. VII. Le cas arrivant, que quelques enfants s’absentent de la classe pour cause de maladie ou autres raisons justes et relevantes, les pères et mères ou les tuteurs desdits enfants en avertiront aussitôt le Curé par écrit. Lequel Curé après avoir communiqué ces billets d’indication au Préposé du lieu à la fin de chaque mois, jugera conjointement avec lui sur les raisons d’absence qui auront été alléguées: et s’il arrivoit qu’elles ne fussent pas assez relevantes, ou que les pères et mères ou tuteurs eussent eux-mêmes coupablement et à dessein détourné les enfants de l’école, ceux-ci seront alors tenus de donner pour chaque absence d’un écolier six deniers, qu’ils mettront dans une boëte que chaque Curé gardera pour se procurer par ces amendes des A-B-Cl, des images, des chapelets etc., qui seront distribués à ceux des enfants de la classe qui par leur conduite et leurs progrès auront mérité ces récompenses. Le Maître-d’école aura aussi soin de tenir une liste exacte des enfants qui s’absenteront de l’école, pour la mettre à la fin de chaque mois sous les yeux du Curé et du Préposé de l’endroit.

Art. VIII. Comme il arrive, que plusieurs enfants s’abstentent de l'école sous des prétextes vains et frivoles; et que les pères et mères loin de les astreindre, comme il conviendroit, à la fréquentation des classes, témoignent encore du ressentiment et de l’humeur contre le Maître-d’école, lorsqu’il tâche de prévenir ces négligences; voulons et ordonnons, que sur le rapport que le Maître-d’école en fera à nos Hauts- Officiers, ceux-ci aient à y pourvoir en punissant des pères et mères, qui par une lâche et aveugle condescendance occasionnent eux-mêmes la perte de leurs enfants.

Art. IX. Es jours de Dimanche ou de fête, le Maître-d’école fera assembler les enfants dans la classe, avant le service divin du matin ainsi qu’avant celui de l’après-midi. Il les conduira deux-à-deux au sermon, à la Messe, au Catéchisme et à vêpres; et à l’issue des Offices il les ramènera dans le même ordre, de l’Eglise en classe, où il leur fera quelques questions sur le sermon ou catéchisme qu’ils auront entendu, et leur en répétera la substance en abrégé. Aux jours ouvrables auxquels la présence du Maître-d’école est nécessaire à l’Eglise, il les y conduira aussi deux-à-deux, et de l’Église à l’école, à moins que la rigueur de la saison ne l’engage à en dispenser ceux que auroient peine à la supporter. Lorsque pendant le teins de la classe on portera le saint Viatique à quelque malade, le Maître-d’école aura soin de l’accompagner avec ses écoliers dans l’ordre ci-dessus; il leur enjoindra de s’assembler à l’Église pour accompagner le saint Sacrement toutes les fois qu’on administrera quelque malade hors le teins de classe.

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