LA NOUVELLE GARDE DU PRINCE
Art. X. Le Maître-d’école assistera, autant que possible, aux autres exercices publics de piété, comme processions et dévotions extra-ordinaires: il aura un œil vigilant sur les jeunes-gens, afin qu’ils ne commettent aucune irrévérence. S’il s’apercevoit cependant que l’un ou l’autre s’avisât de rire, de causer, de regarder de côté et d’autre, il se contentera de l’avertir en particulier et sans bruit pour ne point distraire les antres, et il en différera la punition jusqu’au tems de la classe.
Art. XI. Si contre toute attente quelques désordres scandaleux connnençoient à se glisser parmi la jeunesse, le Maître-d’école ne fera point d'éclat, et tiendra la chose secrète, jusqu’à ce qu’il aura pris avis du Curé pour le châtiment desdites fautes, et pour en prévenir les progrès.
Art. XII. Pendant le carême il aura un soin particulier de préparer les enfants à la Confession et à la Communion pascale par des instructions souvent réitérées et même journalières, si la nécessité l’exige: cependant toujours de l’avis et avec l’agrément du Curé, auquel il indiquera particulièrement ceux qui se disposent à faire leur première Confession ou Communion.
Art. XIII. Tous les vendredis et samedis, à moins que ce ne soient des jours de fête, le Maître-d’école fera le Catéchisme pendant une demi-heure. Il distribuera aussi chaque semaine les places de l’écriture: c’est-à-dire que pour exciter l’émulation parmi ses écoliers, il donnera les places selon le mérite et les progrès de chacun sans particularité ni prédilection.
Art. XIV. Si quelques écoliers, outre les quatre premières règles d’arithmétique, désiroient encore apprendre la division et la règle de trois avec les fractions; et que pour cet effet ils eussent besoin d’une instruction particulière hors les tems de classe, pour que les autres écoliers ne soient ni distraits, ni négligés: les Pères et Mères ou les tuteurs pourront à cette fin s’accorder avec le Maître d’école, relativement à sa récompense.
Art. XV. Nous défendons expressément aux Maîtres-d’école de servir de ménétriers ou joueurs d’instruments aux noces et aux danses, soit dans l’endroit, soit hors de l’endroit; leur interdisons même de se trouver à de pareils divertissements ainsi que dans les cabarets; ils auront soin au contraire de détourner leurs écoliers d’assister à ces réjouissances, et ne découcheront pas hors du lieu sans la permission du Curé. Défendons encore aux Maîtres-d’école ainsi qu’aux enfants et garçons d’aller chanter, en quêtant de maison en maison, aux fêtes de Noël, du Nouvel-an, des Rois et autres semblables occasions; et cela dans la vue d’empêcher les courses nocturnes.
Art. XVI. Et puisque le Maître-d'école est soumis à nos Hauts-Officiers ainsi qu’au Curé, il se comportera à leur égard avec tout le respect et la soumission convenable, et il s’adressera à eux dans les différentes occurrences selon l’exigence des cas.
A Porrentruy, sur la requête du prince, le conseil décida le 27 décembre 1784 d’établir un troisième maître d’école qui devait préparer aux classes du collège. Le gage du premier recteur d’école, l’abbé Bouvier, était alors de soixante-quinze livres bàloises, quatre voitures de bois ; il avait son logement à la maison d’école, il jouissait du jardin et avait les deux tiers des pièces de cinq sols que les écoliers devaient donner en place de bois aux quatre foires de l’année. 1
Le prince de Roggenbach conclut la même année avec le canton de Soleure un traité qui réglait différents points en litige. Trois députés soleurois arrivèrent à Porrentruy le 18 avril 1784; la bourgeoisie les reçut sous les armes et il y eut décharge de douze canons. Leur départ eut lieu le 1 7 mai avec le même cérémonial. La garnison de la ville venait d’être renouvelée. Jusque-là c’étaient des soldats suisses qui faisaient le service du château et recevaient leur solde du prince-évêque. En 1783, on les remplaça par une nouvelle compagnie dans laquelle on incorpora
1 Registre des délibérations du conseil 1784.