ZELE PASTORAL DU PRINCE
3 avril. On devait aller au-devant de l’évêque de Bâle en procession jusqu’à la porte de Courtedoux, mais la neige était tombée la veille si abondamment que la terre en était couverte à un pied de hauteur. On renonça à la procession et .six chevaux eurent beaucoup de peine à traîner le carrosse du prince jusqu’à la porte de l’église. La visite se fit dans toutes les règles et avec un soin minutieux. L’évêque de Bàle régla toutes choses par écrit. En vertu d’un bref du Saint-Père du 19 juillet 1783, il déclara le maître-autel de Saint-Pierre privilégié. Il fixa les offices en hiver à huit heures, en été à huit heures et demie. L 'Angélus devait être sonné en hiver à cinq heures, en été à quatre heures et demie. Le chapelain des Tisserands devait dire tous les jours la première messe à cinq heures. L’évêque supprime les processions des confréries du S. Nom de Marie, du Rosaire et du Scapulaire qui avaient lieu le dimanche après vêpres. La procession du jeudisaint a lieu le soir; il y a trois reposoirs, un devant les Annonciades, un deuxième devant la maison Merguin, le troisième devant la maison d’école. Pour la Fête- Dieu, il y avait quatre reposoirs, en avant du Collège, devant la maison Cartier, devant la maison- de- ville et devant la maison d’école. Dans cet acte de visite, le prince dit que l’église de Saint-Germain, l’ancienne église paroissiale, est pour cette raison l’un des principaux objets de ses soins; il constate le respect, la dévotion et rattachement que les fidèles de cette paroisse y portent comme leur ancienne église mère. 1
A ces menus détails qui attestent le zèle pastoral de l’évêque de Roggenbach, ajoutons le tremblement de terre qui se fit sentir cette même année 1784, le 29 novembre, à dix heures moins quelques minutes du soir. „ J’entendis, écrit le conseiller de Bilieux à son frère, un bruit considérable au haut de l’escalier. Au premier moment, j’attribuai ce bruit à une brigade de chats que je croyais courir au grenier. Au château, il a été considérable et en ville, il y a peu de maisons où on ne l'ait senti. A Delémont, la cloche de l’hôtel-de-ville a tinté cinq coups. “ Le même conseiller de Bilieux tenait son frère de Zurzach au courant des petites nouvelles de la cour et de la ville qui pouvaient l’intéresser. C’est une peinture fidèle de la société d’alors dans la capitale de la principauté. „Hier, écrit-il le 5 mars 1785, était la fête des demoiselles; elles l’ont donnée à l’hôtel-de- ville par un beau goûter qui a été suivi de l’assemblée. Il fait froid et nos rues sont couvertes de glaces. — Nous jouissons de l’avantage de faire gras pendant le carême, mais une fois par jour seulement, les lundis, mardis et jeudis; le dimanche deux fois. — Le 2 avril il commença à neiger si fortement que le lendemain la terre fut couverte à un pied de hauteur. Le même temps à duré deux fois vingt-quatre heures et nos campagnes ont été chargées de plus de deux pieds de neige. Les courriers n’ont pas pu partir. La communication avec Delémont a été totalement interrompue jusqu’à jeudi. On assure qu’il y a jusqu’à dix pieds de neige sur la montagne. La disette des fourrages désole le paysan. On vend jusqu’à cinquante sols le quintal de foin et on n’en trouve que très-peu.
„Le prince de Gebwiler, de Rmthsamhausen, est mort le 1er janvier 1786. Il y a trois jours, écrit M. de Bilieux le 20 mai, que l’élection de son successeur a eu lieu et c’est le baron d’Andlau de Hombourg, neveu de M. de Ferrette, qui a été élu, mais l’élection a été presque forcée. Les commissaires royaux avaient
1 Archives de Porrentruv.