CHAPITRE XXXVIII
ordre de donner l'exclusion à tout autre. C’est un jeune homme qui est capitulaire depuis l’an passé, qui n’a que vingt-cinq ans et qui jouira d’environ trente mille francs de revenu. M. de Lydda était commissaire ecclésiastique du roi et du prince comme évêque. C’est aussi lui qui a sacré M. Lans, nouveau suffragant de Strasbourg, à l’abbaye d’Ebersmunster. “ La bénédiction du nouveau prince de Guebwiller, M. d’Andlau, eut lieu dans l’église du collège de Porrentruy, le 26 novembre de 1 786 : le prince deRoggenbach fut le consécrateur ; les assistants étaient l’évêque de Lydda et l’abbé de Bellelay, Monnin.
M. de Bilieux écrivait encore dans le même temps: .,Le séjour de M. de Yergennes, ambassadeur de France à Delémont, a été très brillant; il est arrivé le 24 juillet et reparti le 29. Le 25 on l’a conduit aux forges d’Undervelier, le 26 à Arlesheim, où l'on a dîné dans une grotte du jardin à une table de cinquante > couverts. Le 27 et le 28 on est resté à Delémont. Il y avait couvert et liai les
deux jours. La table de trente-quatre couverts était supérieurement bien servie. Le prince se plaît beaucoup à Delémont."
Le séjour de l’évêque de Bâle à Delémont fut marqué par l’établissement d'un orphelinat qui fut installé par les soins du prince de Roggenbach, dans le couvent et sous la direction des Ursulines de cette ville. C’était un moyen de soutenir cette maison dont les ressources était insuffisantes pour la communauté. Le nouvel orphelinat devait servir aux orphelins des deux sexes de la principauté. Le prince lui assigna trois cents livres de rente sur les revenus de la chapelle de Saint-Oswald au château de Zwingen, et deux cents livres sur les églises de la vallée de Delémont , avec quelques pièces de terres. D’autres bienfaiteurs suivirent cet exemple: Jacques Wehrlin, d’Oberwiller, fit un don de 12,000 livres bâloises, le lieutenant d’ Arlesheim Schumacher de 848 livres, le chanoine Mantelin de 625 livres, le neveu du prince de Roggenbach de 600 livres. L’orphelinat fut ouvert le 16 décembre 1786. Dans le courant de 1791, il comptait déjà seize orphelins. 1
Le soin des pauvres occupait par-dessus tout le bon prince de Roggenbach. Il essaya, par une ordonnance détaillée et par des mesures pleines de charité et de prévoyance, de venir en aide à la véritable pauvreté. ,,De tous les soins qui nous occupent, dit-il en tête de son ordonnance du 15 mars 1787, et que nous ne cessons de prendre en faveur du bien public et de nos sujets en particulier, il il n’en esl point qui nous ait paru plus digne de notre amour paternel que celui de soulager les vrais pauvres, d’alléger le poids de la misère qui les accable et d’abolir et réformer par ce moyen les abus si funestes qui naissent de la mendicité. ..." Le premier soin du prince est d’interdire la mendicité à Porrentruy et en Ajoie. Une liste de tous les pauvres doit être dressée par l’autorité. Chaque commune devra entretenir ses pauvres. Une caisse générale pour les pauvres de l’ Ajoie est établie; elle sera alimentée par les dons du prince, des corps ecclésiastiques, et. des quêtes qui auront lieu quatre fois par an à Porrentruy, le lendemain des quatre principales foires par un prêtre de la ville. Suivi d’un tombereau de la cour, il se transportera dans toutes les maisons et y demandera la charité poulies pauvres de l’ Ajoie. Cette caisse est régie et gouvernée par un bureau, composé du prince-évêque de Bâle, président, du conseil intime, du provicaire général, et official, du procureur général, du grand-maire d’ Ajoie; le procureur fiscal Jobin
1 Bajol. ann. 1786.
Portrait d’apres une peinture du temp.