BERNE ET LE CHAPITRE DE MOUTIER
Si on découvrait dans la prévôté des mines de fer ou autres quelconques, Tévêque avait seul le droit de les faire exploiter. — Les trois courtines de Gourtedoux, Chevenez et Buix, qui appartenaient autrefois au chapitre de Saint-Ursanne, ont été échangées contre d’autres cens annuels avec l’évêque de Bâle qui en reste le seul seigneur (17 juin 1492). 1
Cette transaction qui conférait à l’évêque de Bâle des droits dont le prévôt et le chapitre se dessaisissaient en sa faveur, fut soumise à l’approbation du Saint- Siège. Le pape Alexandre VI nomma par une bulle de juillet 1493, l’abbé de Lucelle et le prévôt de Saint-Alban comme commissaires apostoliques, pour examiner cet accord, et le confirmer s’il était à l’avantage de la cathédrale de Bâle et de l’église de Saint-Ursanne. Le prévôt de Saint-Alban ayant été trouvé inhabile à exécuter ce mandat, le pape le transféra, le 3 avril 1495, à l’abbé de la Porte du Ciel. 2 Les commissaires apostoliques approuvèrent la transaction au nom du Saint-Siège, le 19 octobre 1497.
Le chapitre de Saint-Ursanne y gagna, dans Tévêque de Bâle, un protecteur plus en mesure que le prévôt de faire reconnaître les droits qui lui étaient cédés gracieusement et Tévêque y trouva une augmentation d’autorité dans cette portion de l’évêché qui était rentrée depuis quelques années seulement dans le domaine épiscopal. Ce fut à cette époque que le chapitre de Saint-Ursanne entra en possession de vignes à Habsheim en Alsace par une donation que lui fit Jean Torti pour une messe quotidienne à célébrer par les chanoines pour lui et ses parents (22 décembre 1483). 3 Un acte de générosité de son ancien prévôt, Tévêque Gaspard ze Rhein, enrichit encore le chapitre des revenus de l’église d’Oberdorf, localité aujourd’hui détruite, voisine d’Habsheim, qui fut annexée à l’église collégiale de Saint-Ursanne par un acte épiscopal du 30 octobre 1486. Le chapitre avait déjà le droit de collature de cette paroisse. Gaspard ze Rhein remarque dans la lettre de donation que les chanoines de Saint-Ursanne, à cause des guerres, des hostilités et de la malice des temps qui ont désolé leur pays, n’ont plus les revenus suffisants pour sustenter leur pauvre vie et supporter les charges qui leur incombent. Il leur accorde les revenus de l’église de S. Jean-Baptiste d’Oberdorf, à condition de payer chaque année sept sols à la fête de S. Jean-Baptiste au receveur de Tévêque à Bâle et de faire desservir cette paroisse par un prêtre capable, approuvé par l’évêché (30 octobre 1486). 4 Gaspard ze Rhein reconnut encore aux chanoines le banvin ou le droit de vendre leur vin depuis la S. Martin jusqu’à Noël, en réservant toutefois qu’ils ne pourraient le vendre plus cher qu’à Porrentruy. Cependant quand on devait transporter le vin au-delà de la montagne, on pouvait en augmenter le prix d’un denier stebeler (novembre 1495). 5
Le chapitre de Moutier eut, comme celui de Saint-Ursanne, de longs et nombreux pourparlers avec Tévêque de Bâle. Son prévôt Jean Dôrflinger de Bero-
Sceau de
Gaspard ze Rhein.
1 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 635. = 2 Ibid., p. 641. — 3 Ex Libro vitœ S. Ursicini, p. 53. ==
* De l’original aux archives de Porrentruy. = 6 Archives de Saint-Ursanne.