‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 42 sur 612 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

l’Église et aussi la sollicitude pleine d’intelligence de l’évêque Gaspard ze Rhein. Il nous plaît de constater par des actes authentiques, la bonne et active administration de ce prélat si mal connu et si injustement méprisé par les historiens. Il était assisté dans sa laborieuse charge par un chancelier qui mérite de trouver place dans cette histoire. Wunewald Heydelbeck fut secrétaire de Jean de Venningen et de Gaspard ze Rhein ; ses services furent hautement appréciés par ces deux prélats. Il mourut le 27 décembre 1482 et fut enterré près des degrés de la cathédrale. Il fut remplacé dans l’office de chancelier épiscopal par Jodocus Keller qui servit avec le même zèle Gaspard ze Rhein et Christophe d’Utenheim. 1 Mentionnons également le vicaire général de l’évêque de Bâle, Bernard Oiglin, docteur en droit canonique, qui figure dans les actes si nombreux de l’administration diocésaine sous l’évêque Gaspard ze Rhein.

Ce prélat avait besoin de ces hommes doctes et versés dans les affaires, pour soutenir et défendre les droits de l’Église de Bâle si souvent et si longtemps méconnus sous les règnes précédents. Un différend s’éleva à ce sujet entre l’évêque et le chapitré de Saint-Ursanne. Un jugement arbitral rendu par le doyen Adelbert de Rotberg et par le chapitre de Bâle, fixa définitivement les droits de l’évêque et du prévôt dans la prévôté de Saint-Ursanne. L’évêque de Bâle était le vrai et naturel seigneur territorial et souverain de la ville et prévôté de Saint-Ursanne: on lui doit le serment de fidélité, le service militaire ; huit pêches sur treize lui appartiennent, comme aussi le magasin à sel. L’évêque a la haute justice comme souverain naturel. Si un délinquant est arrêté dans la ville et prévôté de Saint- Ursanne, on doit d’abord l’incarcérer pour trois jours dans la prison du prévôt; au bout de ce temps, le prévôt doit assembler la justice et y siéger lui-même ou son lieutenant. Si les faits produits aux débats sont de nature à concerner la vie ou le corps, le prévôt se lèvera et remettra le sceptre de la justice à l’évêque comme souverain ou à son officier. Les grandes amendes appartiennent deux tiers au prévôt, un tiers à l’évêque. 2

Une transaction conclue quelques années plus tard attribua définitivement à l’évêque de Bâle les petites et basses justices qui avaient jusqu’alors appartenu au prévôt. L’évêque devait faire administrer la justice à Saint-Ursanne par son officier. Si le prévôt ou un chanoine encourait une amende qui ne dépassât point deux schillings huit deniers, elle leur était remise par grâce. L’évêque devait faire faire un sceau particulier pour cette justice, dont le produit revenait, les deux tiers au prévôt, l’autre à Mgr de Bâle. Le prévôt et les chanoines conservaient le droit de chasser dans toute la prévôté avec tout l’attirail usité, des chiens et des cordes et tant les oiseaux que le gibier et exercer en général tout ce qui concerne la vénerie à leurs frais. Cependant il leur était défendu de chasser ou de prendre dans les nids les oiseaux de haut vol, comme aussi de chasser entre Pâques et la S. Jean-Baptiste. La pêche était aussi permise aux chanoines et à l’évêque dans la rivière du Doubs, avec des tailles, filets, à la main, comme il a toujours été d’usage. Le chapitre pouvait également débiter le vin de ses prébendes.

1 Urst., Epit., p. 107. — Trouillat et Vautrey, t. V. p. 876. = 2 Expédié sur vingt-deux feuilles de parchemin, traversées par un coi’don portant le sceau du chapitre de Bâle, le lundi après le dimanche

où l’on chante à l’office divin „Lætare Jérusalem", de l’an après la naissance de J.-C. N.-S. 1486.“ Archives de l’ancien évêché de Bâle.

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