‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 45 sur 612 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

En cette affaire difficile, nous signalons le zèle et l’activité de l’évêque Gaspard ze Rhein, sauvegardant par de nombreuses démarches et par des réclamations sérieuses les droits de l’évêché de Bâle mis en péril par l’usurpation étrangère. Toutes ces querelles à main armée furent pour le chapitre et pour toute la prévôté une cause de ruine. Dans leur détresse les chanoines adressèrent au Saint-Siège une requête pour lui demander aide et assistance. „ Autrefois, disaient-ils, les revenus de l’église de Moutier étaient abondants; le prévôt en retirait sept cents florins et les vingt chanoines chacun deux cents florins. Les guerres, les incendies et d’autres calamités qui ont fondu sur ce pays, ont réduit les revenus du chapitre à trente florins pour le prévôt et à vingt pour les chanoines qui ne sont plus que sept résidant à Moutier. Si les vingt qui forment le chapitre, étaient présents, à peine recevraient-ils chacun huit florins. “ Innocent VIII accueillit favorablement la prière des chanoines de Moutier et par une bulle du 29 avril 1487, il confirma tous les anciens privilèges accordés par les souverains pontifes à l’ancienne église collégiale, la prenant sous sa protection spéciale et l’exemptant entièrement de la juridiction de l’évêque de Bâle. Innocent VIII conféra en outre aux chanoines le droit de nommer aux canonicats vacants, réservant cependant le droit d’investiture au prévôt du chapitre. 1 Cette bulle fut commise par le Saint-Siège au prévôt de Zofingen, qui la publia à Berne et la fit intimer à Gaspard ze Rhein par son vicaire général Jérôme Weybling, à Bâle le 10 septembre 1487. L’évêque se trouva lésé dans des droits anciens et reconnus par des titres authentiques. Il réclama à Rome ; il y eut de longs et interminables débats qui aboutirent enfin à une transaction due au prévôt et au doyen de la cathédrale, par laquelle le prévôt et les chanoines de Moutier renoncèrent au droit d’exemption qu’ils avaient obtenu du Saint-Siège; ils cédèrent encore à l’évêque le droit de juridiction qu’ils avaient sur les colonges de Damphreux, contre un cens annuel de quinze livres en argent et reconnurent que les moulins de Viques, Bassecourt, Courfaivre et Undervelier appartiendraient, comme autrefois, à l’évêque de Bâle (1er octobre 1498). 2

C’est ainsi que durant tout son règne, Gaspard ze Rhein ne cessa de sauvegarder au prix de mille peines, les droits de son évêché. Il jouissait par une faveur spéciale des régales de l’empire quoiqu’il n’eût point reçu l’investiture de ces droits importants, en prêtant le serment d’hommage entre les mains de l’empereur. Frédéric III en 1480, lui avait accordé au-delà de deux ans pour remplir ce devoir de grand vassal ; et comme l’évêque ne pouvait aller trouver l’empereur, ce monarque délégua l’évêque de Strasbourg pour recevoir le serment de Gaspard ze Rhein et l’investir des régales; ce qui fut fait en 1487. 3 L’évêque avait au préalable envoyé auprès de l’archichancelier de l’empire, l’archevêque de Mayence, Berthold, deux chanoines de sa cathédrale, Jean de Hastat et Arnold zum Luft, pour traiter avec lui des affaires de l’évêché (20 octobre 1487). 4

Gaspard ze Rhein était alors à Porrentruy; ce fut là qu’il apprit l’horrible désastre qui frappa la ville de Delémont qui était toujours restée fidèle aux évêques de Bâle. Le 16 novembre de cette année, durant la nuit, un violent incendie réduisit en cendres la résidence qu’il affectionnait ; il n’en resta que

1 De l’original aux archives de l’ancien évêché de Bâle. = 2 Hist. eccl. coll. Monast., p. 40. —

3 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 884. — 4 Ibid., p. 883.

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