LES GRANDS CHARTREUX DE BALE
la cuisine. Toute la ville fut brûlée, à l’exception de l’église, du presbytère et de quatre maisons. 1
Non loin de Delémont, à deux lieues de Porrentruy, se trouvait l’abbaye de Lucelle à laquelle Gaspard ze Rhein vouait une affection particulière et où il choisit sa sépulture. Le concile de Bâle avait en 1439 mis ce célébré monastère sous la garde et la protection de l’évêque de Bâle. Par une charte datée de Porrentruy, 12 décembre 1488, Gaspard ze Rhein, pour témoigner à l’abbé et aux religieux de Lucelle, l’affection singulière qu’il leur portait, leur promit solennellement aide, défense et protection contre toute atteinte à leurs droits et privilèges. 2 Non content de cette promesse, il assura au monastère la protection du prévôt et de l’archidiacre de la cathédrale de Bâle, du prévôt et du doyen de l’église de Saint- Pierre et du prévôt du couvent de Saint- Alban, à Bâle (11 septembre 1489). 3 La
Petite armoire provenant de la chartreuse de Bâle, XVIe siècle.
«Collection d’objets du moyen âge» à Bâle.
Chartreuse de Bâle était à la même époque entourée de l’estime et de la vénération de l’évêque, du clérgé et du peuple de la ville et des environs. Durant le concile de Bâle, les prélats y avaient afflué ; d’illustres personnages y avaient choisi leur sépulture. Le prieur de ce vénérable monastère était alors le P. Henri Arnoldi Saxon, qui écrivit les Harmonies évangéliques, V Histoire des saints, etc. Il mourut en 1487.
La même année, deux grands personnages quittèrent le monde pour s’enfermer dans la Chartreuse de Bâle. L’un, Jean de la Pierre (Joannes a Lapide), dont le véritable nom était Heynlin, était, suivant la Biographie universelle (t. XXIII p. 409),
1 Archives de Delémont. — Un tableau sur représente ce lamentable événement. On y lit les Oppida multa ruunt, hostili eversa tumultu,
Ast tibi non aries, non nocuere minæ ;
Igné péris, Telsperg ! Incendia dura suborta
parchemin, conservé à l’hôtel de ville de Delémont. vers suivants:
Mœnia, templa, domos, limina, tecta vorant . . .
Bis octena dies (præter tria tecta) novembris Urbem hanc exedit ignibus horridulis.
2 Buchinger, Epit. fast. Lucell., p. 294. = i Cartulaire de Lucelle, p. 20.