‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 47 sur 612 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

originaire de Bâle même. Il se rendit à Paris où il fut préteur de Sorbonne en 1467 et 1470. Il succéda en 1469 à Guillaume Fichet dans le rectorat de l’université et ce fut pendant ce rectorat qu’avec son ami Fichet, il fit venir en France les premiers imprimeurs qui y aient exercé l’art typographique. Quoique docteur en théologie, il professa la grammaire et eut pour disciples Jean Reuchlin et l’imprimeur Amerbach. Après avoir brillé dans l’université de Paris, il enseigna à Bâle la philosophie d’Aristote. Nommé à un canonicat de cette ville, il se démit de plusieurs bénéfices dont il jouissait. Il eut beaucoup de part, en 1477, à la fondation de l’université de Tubingue où il fut lui-même professeur de théologie. Il retourna ensuite à Bâle où il fut écolâtre de la cathédrale. En 1487, il entra à la Chartreuse où il continua à se livrer à ses savantes études. Du fond de sa retraite, il eut part aux éditions qu’Amerbach donna des œuvres de S. Ambroise (1492 trois vol. in-fol.; en tête du premier est une lettre de Jean de la Pierre à l’imprimeur-éditeur), et des œuvres de S. Augustin ( 1 506 neuf vol. in-fol.). Jean de la Pierre mourut au commencement du XVIe siècle. Le plus connu de ses ouvrages est son Resolutorium dubiorum circa celebrationem missarum occurrentium, Bâle 1492 in-8°. Mais le plus curieux, sans contredit, est sa dissertation (Conclusiones aut propositiones physicales) sur l’aérolithe d’Ensisheim tombé le 7 novembre 1494 et qui pesait deux quintaux et demi. 1

En même temps que Jean de la Pierre se présentait à la Chartreuse de Bâle un jeune homme de vingt-six ans, fils d’un magistrat de Bâle, licencié en droit, de riche maison, doué de toutes les qualités de l’esprit et du cœur. Il s’appelait Jérôme Schecapurlius. Quoique le monde lui offrit une position brillante, aisée et toutes sortes d’avantages, il renonça à tout pour se faire Chartreux. Il donna tout son bien par donation publique, à la Chartreuse. Puis il invita ses frères, ses parents et ses amis à un grand repas ; il leur fit ses adieux comme s’il passait à une autre vie. Il portait un vêtement écarlate; la chevelure blonde, le visage d’une beauté remarquable ; c’est en cet état qu’accompagné des siens, qui versaient des larmes, il s’enferma au couvent. Il prit l’habit religieux, le jour de la Pentecôte, 31 mai 1487. Quelques années après, il fut nommé prieur de la maison. On le regarda comme le second fondateur du monastère, à cause des constructions qu’il fit élever dans la Chartreuse. Il mourut en 1536, laissant une mémoire vénérée. 2

Si l’imprimerie à Bâle trouva dans l’écolâtre de la cathédrale un protecteur dévoué, elle ne rencontra pas moins de faveur auprès de l’évêque et de son clergé. De suite après l’établissement de l’université, les Galliciens apportèrent à Bâle la première imprimerie. Ils étaient espagnols, au rapport d’Urstisius. Antoine et Michel Galliciens vivaient en 1470. Leur imprimerie rivalisait avec les premières de l’Allemagne. Bernard Richelius et Michel Winsler étaient aussi imprimeurs à Bâle en 1478. Ce dernier édita vers 1480, sur les ordres de l’évêque Gaspard ze R hein , le Breviarium Basiliense secundum modum et consuetudinem chori Basiliensis (petit in-folio de deux cent quatre feuillets sans pagination). Nicolas Kessler, Jean Pierre et Jean Amerbach, Jaques Phorcensis, Michel Furter et Pamphile Gengenbach, imprimaient à Bâle dès 1486, sous le règne épiscopal de Gaspard ze Rhein qui favorisait leurs travaux. 3 Bâle tenait un rang distingué parmi les villes lettrées de l’Allemagne et son université était célèbre dans le

1 Biographie univ., t. 23. p. 410. — Urst., Epit., p. 268. = 2 Ibid., p. 270. = 3 Ibid., p. 148 et suiv.

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