REPRISE DE POSSESSION DU JURA
II habitait alors Offenbourg où sa famille résidait également. L’évêque de Strasbourg l’avait, nommé son vicaire général. De là l’êvêque de Bàle administrait les restes de son diocèse réduit à quelques paroisses dans les doyennés du Buchsgau, du Sis- et Frickgau et du Leymenthal.
Nous ne raconterons pas l’invasion des alliés qui traversèrent et occupèrent l’ancien évêché de Bâle en 1 81 3, la nomination de M. d’Andlau, comme gouverneur général de la principauté de Porrentruy (27 janvier 1814), les négociations qui aboutirent à la réunion au canton de Berne du ci-devant évêché de Bàle (1814 — 1815); ces faits sortent du cadre de cette histoire; ils ont du reste trouvé des historiens qui les ont consignés avec une exactitude et un soin remarquables. 1 Nous nous contenterons de signaler les événements ayant un caractère religieux et surtout épiscopal. Dès le 12 mars 1814, le prince de Neveu, s’adressant directement à leurs Majestés Impériales et Royales, les Hautes Puissances alliées pour la délivrance de V Allemagne et de V Europe, après une première démarche faite à Fribourg en Brisgau, revendiqua, dans un mémoire détaillé, la partie de son ancienne principauté, située sur le territoire helvétique, Bienne, la Neuveville, l’Erguel, Orvin et la Seigneurie de la montagne de Diesse, qui ne faisaient pas partie autrefois de l’empire germanique et qui relevaient directement du prince-évêque de Bàle. Tandis que le sort de l’ancienne principauté de Porrentruy se débattait au congrès de Vienne, le baron d’Andlau organisa une démonstration qui devait appuyer son projet de réunion de l’ancien évêché de Bâle à la Suisse, sous le gouvernement du prince-évêque. En janvier 1815, il annonça tout à coup d’Arlesheim, lieu de sa résidence, une visite prochaine de Mgr de Neveu.
C’était tout à la fois une visite épiscopale et une reprise de possession au point de vue diocésain. M. d’Andlau en prescrivit lui-même le cérémonial et c’était plus qu’une réception épiscopale. Les compagnies autrichiennes qui formaient encore la garnison de Porrentruy devaient être sous les armes, de même que la garde nationale. Chaque village devait envoyer deux hommes à cheval pour former l’escorte du prince; les autorités devaient se rendre à l'hôtel où il mettrait pied à terre et le tribunal devait se présenter devant lui en costume. M. d’Andlau, au nom des puissances alliées, devait accompagner le prince et, par sa présence, donner une sanction naturelle à cette apparente reprise de possession. De plus, le prince s’était fait précéder d’un
1 Mgr Bélet dans ses Mémoires historiques de 1813 à 1880, et M. Elsæsser, dans V Histoire été mon temps, Porrentruy, impr. Gurtler, 1867, 2 vol. in-18, ont raconté les événements qui ont marqué la réunion à la Suisse de l'ancien évêché de Bâle.
Le pape Pie VII.
D’après un buste de Canova.