‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 470 sur 612 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Leymenthal élaborés dans une réunion du clergé, présidée par le provicaire Joseph Didner, dans l’église paroissiale d’Olten, le 17 août 1805. Ces statuts rappellent ceux de 1641. Ils traitent de la tenue du prêtre, lequel doit porter un vêtement noir et la tonsure ecclésiastique, de l’ordre du presbytère, de la frugalité de la table du curé. Renouvelant une ordonnance du prince Joseph de Rinck de Baldenstein, du 6 mars 1755, l’évêque exige quarante ans d’âge pour la servante de la cure. Il défend aux curés la fréquentation des auberges, comme l’avaient déjà fait le prince de Rinck et le prince de Montjoie, le 8 juin 1764. L’office du dimanche doit être célébré en hiver à neuf heures, en été à huit heures. Il doit y avoir toujours une instruction, suivant les prescriptions du concile de Trente et l’ordonnance du prince Simon Nicolas du 2 avril 1773. Chaque curé visitera deux fois par semaine l’école de sa paroisse. Le prince de Neveu ajouta à ces statuts des observations pleines de sagesse qui attestent son zèle pastoral (23 août, 14 décembre 1805). 1

Dépouillé des États qui formaient l’antique principauté de Râle, Mgr de Neveu tenta de recouvrer les indemnités promises à l’évêque dépossédé. Par le recès arrêté à Ratisbonne le 25 février 1803, sous la médiation de la France et de la Russie, ratifié par l’empereur, le 28 avril de la même année, le grand-prieur de l’ordre de Malte établi à Heitersheim avait été mis en possession des chapitres, abbayes et couvents du Rrisgau, à charge de payer les dettes personnelles des princes-évêques de Râle et de Liège. Les dettes contractées par l’évêque de Râle, depuis le 1er mai 1792 jusqu’au mois d’avril 1803, se montaient à 260,000 florins. Le grand-prieur accepta cette double charge. Mais le duc de Modène auquel le Brisgau et l’Ortenau avaient été cédés en indemnité par le même recès de 1803, s’opposa à la prise de possession du grand-prieur. Le prince de Neveu était alors à Vienne; il obtint une audience de l’empereur et implora son secours pour faire exécuter le recès de Ratisbonne. Le souverain lui fit le meilleur accueil et lui donna les promesses les plus rassurantes. Les ministres lui firent les mêmes déclarations. La guerre qui survint en 1805 entre la France et l’Autriche retarda l’exécution de ces promesses. Napoléon accorda aux électeurs de Bavière, de Wurtemberg et de Baden les domaines appartenant à l’ordre teutonique (19 novembre 1805). Aussitôt l’électeur de Baden se mit en possession des abbayes et chapitres du Brisgau. Le prince de Neveu eut alors recours à l’empereur Napoléon pour le payement de ses dettes (28 décembre 1805). Sa première démarche n’eut aucun résultat; le 5 septembre 1807, nouvelle pétition du prince dépossédé. L’évêque de Liège se rend lui-même à Paris pour porter ses plaintes à l’empereur qui les trouve justes et fondées. Sur ces entrefaites le grand-duc de Baden, par un édit du 31 août 1808, annonce sa résolution de liquider toutes ses dettes. Le prince de Neveu s’empresse de renouveler auprès de lui ses réclamations (13 et 19 novembre 1808), mais le grand-duc les déclara non fondées et les rejeta par une réponse très laconique du 30 novembre de la même année. Le prince de Neveu s’adressa alors à M. Moreau de Delémont qui faisait partie du corps législatif à Paris et qui se chargea d’appuyer auprès de l’empereur Napoléon les demandes de l’évêque de Bâle. 2 Ce ne fut qu’en 1811 que le vénérable prélat reçut enfin l’argent qui lui était promis depuis si longtemps.

1 Copie authentique, dans notre collection. = 2 Nous possédons la correspondance échangée à cette

oécasion entre le prince de Neveu et M. Moreau, 1809 — 1810,

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