DEMISSION DE M(,R DE NEVEU
Il s’unit à nous d’esprit et de cœur, il nous donne à tous sa bénédiction épiscopale; il nous demande de ferventes prières pour les besoins de l’Église, en particulier pour ceux de ce diocèse et de son premier pasteur . . . Qui de nous ne se sent ému, en nous voyant, après une si longue dispersion, après tant de maux survenus à ce diocèse, réunis pour la première fois dans la même maison, au pied des mêmes autels qui furent si longtemps pour tous les diocésains et qui ont été poulies anciens d’entre nous, les témoins de nos premiers pas dans la vie cléricale, de notre vocation et notre consécration particulière à Dieu ! Trente-trois ans se sont écoulés, depuis que ces murs n’ont vu une pareille réunion. Mais ces trentetrois années n’ont-elles pas été des siècles par les événements étonnants qui se sont succédé, par les bouleversements, les catastrophes, les ruines qui se sont accumulées de toutes parts ? . . . “ 1
Une retraite semblable eut lieu l’année suivante, en septembre 1824, sous la direction de M. Cuttat, curé de Porrentruy; on y comptait près de trente ecclésiastiques. A quelques jours de Là, on apprit la mort du coadjuteur de Bàle qui fut annoncée au clergé par une circulaire du provicaire de Bilieux. L’évêque de Chersonèse succomba le 9 octobre 1824, après quatre ans à peine d’épiscopat. M. de Bilieux continua à le remplacer dans le Jura, où son activité et son zèle produisaient les meilleurs fruits. On lui dut les mandements de carême de 1824 (2 février), 1825 (20 janvier), 1827 (2 février), une lettre au clergé pour l’entretien d’une lampe allumée devant le Saint-Sacrement (1 avril 1824), la circulaire d’usage pour la fête d’actions de grâces, 1824 — 1828.
En 1 826, le grand jubilé fut annoncé et publié solennellement dans le diocèse, le dimanche de la Passion, par un mandement du prince de Neveu du 8 février 1826. Le gouvernement de Berne, par une ordonnance du 10 mars 1826, reçut la bulle de Léon XII et la fit publier dans toutes les communes catholiques du canton. Toutefois, „sans approbation de clauses, formules ou expressions qui sont ou pourraient être contraires aux lois du canton ou aux libertés et principes de notre Église évangélique et helvétique “. 2
Le prince de Neveu touchait à sa soixante-dix-neuvième année. Sa santé ébranlée ne lui permettait plus de remplir les devoirs si difficiles de la charge épiscopale. Le 14 juillet 1827, il résigne, par un acte solennel daté d’Offenbourg, l’évêché de Bàle entre les mains du pape Léon XII. Son grand âge de soixante-dix-huit ans et cinq mois, plusieurs attaques d’apoplexie, l’impossibilité où il est de conférer les sacrements de l’ordre et de la confirmation, les difficultés d’une administration si agitée au milieu des perturbations des temps et des choses, lui persuadent de se réfugier comme un fils obéissant entre les bras du meilleur des pères. II le supplie très humblement de le décharger d’un si pesant fardeau, devenu trop lourd pour ses épaules. C’est pourquoi, dépourvu de forces, brisé d’infirmités, suivant la voix de sa conscience, et les intérêts de la religion, il résigne et dépose librement et volontairement entre les mains de Sa Sainteté, son épiscopat de Bâle, avec tous les droits et la juridiction, tant sur son propre diocèse que sur celui de Constance. Il recommande cet évêché, le chapitre cathédral de Bâle et tout, son diocèse à la sollicitude paternelle de Sa Sainteté.
1 Nous possédons les deux allocutions d’ouverture et de clôture, de M. le provicaire de Bilieux, du 6 et du 15 octobre 1823. — 2 „ Donné à Berne, le 10 mars 1826. L’avoyer en charge, Fr. de Mulinen, Je secrétaire d’État, Wurstemberger.1* Dans nos archives.