‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 49 sur 612 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

prédécesseur qui y mourut. Là, après de mûres délibérations et différents conseils, après la célébration de la messe du Saint-Esprit, après les formalités requises en une si grave affaire, la plus grave de toutes, enfin par l’effusion de la grâce de Celui qu’on invoquait, les cardinaux qui auraient pu porter leurs voix sur d’autres plus dignes, élurent à l’unanimité et d’une seule voix, par un jugement certain de Dieu, pour époux et pasteur de son église nous alors cardinal prêtre de Sainte- Cécile, le IY des calendes de septembre (29 août 1484). Comme il a plu au Seigneur qu’il en fût ainsi, quoique nous sentions très bien nos épaules trop faibles pour porter le fardeau de l’Eglise universelle, ne voulant pas paraître aller contre la volonté de Dieu, nous avons incliné la tête sous le joug de la servitude apostolique, mettant notre espérance en Celui qui a choisi les infirmes du monde pour confondre les forts. Comme le pontife romain, quoique élu par le ministère des hommes, procède de l’inspiration du Ciel, il inspirera à notre faiblesse la vigueur de sa grâce et nous donnera des forces contre les ennemis de la foi, afin que les perfides Turcs ne soient pas seulement détournés de leurs audacieuses entreprises, mais encore, par le secours de Dieu et l’appui de ce siège et des rois et des princes chrétiens, qu'ils soient entièrement écrasés. Nous exhortons votre fraternité de prescrire dans votre diocèse et dans votre ville des processions solennelles pour que cette faveur nous soit accordée bientôt, et que la grâce divine assiste et dirige tous nos pas. Priez le Très-Haut de tendre la main de sa piété à notre humilité, et de nous fortifier pour que nous puissions remplir le devoir de la charge apostolique à la louange et à la gloire de son nom, pour l’exaltation de la foi, pour la paix, le salut et la tranquillité du peuple chrétien. Nous voulons avoir en particulière recommandation votre fraternité en tout ce qui concerne votre état, et l'honneur qui est dû à vous et à l’Eglise qui vous est confiée. Donné à R.ome, près Saint-Pierre, l’an de l’incarnation du Seigneur, 1484, la veille des ides de septembre, la première année de notre pontificat." 1

Le successeur d’innocent VIII, Alexandre VI, fut élu le 1 1 août 1492. Ce furent les cardinaux qui firent part à l’évêque de Bâle, Gaspard ze R hein, de cette élection, par une lettre du 28 août 1492, qui diffère fort peu de la bulle d’innocent VIII. 2 L’évêque de Bâle transmit ces documents apostoliques à son clergé dans les réunions synodales qui avaient lieu chaque année à Bâle, suivant les statuts diocésains. Le synode se célébrait d’après l'invitation et l’ordre de l’évêque, au jour marqué et suivant un cérémonial prescrit. La formule de convocation au synode de Bâle, en usage sous l’épiscopat de Gaspard ze Rhein, a été conservée avec le règlement de cette assemblée. L’évêque adressait sa lettre d’invitation aux prévôts, doyens, chantres, custodes, scolastiques et chanoines des églises collégiales, aux doyens et camériers, jurats des doyennés ruraux, aux recteurs, plébains, vice-plébains et curés des églises paroissiales et à tous les prêtres et chapelains de la ville et du diocèse de Bâle. „La sollicitude de notre charge pastorale, disait le prélat, quoique indigne que nous en soyons, nous presse de veiller avec le plus grand soin à tout, ce qui regarde le salut des âmes de nos sujets et à leur honnêteté; c’est l'objet et le fruit ordinaire de la célébration du synode

1 Aux archives de l’ancien évêché de Bàle. — Nous avons donné le texte de cette bulle dans le tome V des Monuments, p. 589. = 2 Sur l’adresse on lit: Reverendo in Cliristo Patri Domino episcopo

Basilien., amico nostro charissimo ; episcopi, presbyteri, diaeoni S. R. E. cardinales. Avec trois sceaux et la signature: H. Brunus. L’original est aux archives de l’ancien évêché de Bille.

L’EMPEREUR MAXIMILIEN Ier A BALE

épiscopal. Tel jour, avec la grâce de Dieu, nous entendons célébrer ce synode dans noire ville et dans la grande église de Bâle. C’est pourquoi nous vous ordonnons en vertu de la sainte obéissance et sous peine d’excommunication et d’une amende d'un marc d’argent, de vous trouver le soir de ce jour dans cette ville de Bâle, où vous prendrez logis, non pas dans des auberges publiques, mais dans des maisons honnêtes, y gardant la tenue, les mœurs et le langage convenables à des ecclesiastiques. Le lendemain au matin, à l’heure de prime (six heures) vous vous présenterez au synode, vêtus comme il convient à votre état, en surplis, portant la barrette et non le chapeau ; vous assisterez à la séance du commencement à la fin, ne vous retirant qu'après le congé de l’évêque. En votre absence, vous aurez soin de pourvoir à l’administration de vos paroisses ..." 1

Voici comment était célébré le synode à la cathédrale de Bâle, sous l’évêque Gaspard ze Rhein, suivant un usage immémorial. — Après la messe l’évêque déposait la chasuble et se revêtait de la chape ; puis un lévite tourné vers l’autel chantait: Orate, et tous à genoux récitaient en silence le Pater noster. Après quoi le lévite, se tournant vers l'assemblée, disait à haute voix : Levez-vous. Alors l’évêque, tourné vers le peuple, récitait l’oraison du pontifical: Adsumus , Domine. Puis les chantres chantaient l'antienne Exaudi nos, Domine, et l’évêque prenait place sur son siège. Le chant fini, on disait encore le Pater noster, puis l’évêque la collecte Mentibus nostris. Ensuite on chantait les litanies des saints; après l’invocation Ut domnum apostolicum l’évêque se levait et tourné vers le peuple, il chantait trois fois : Ut kanc sanctam synodum regere, gubernare et sanctificare digneris. Les litanies finies, tous levés, l’évêque disait l’oraison Da quœsumus. Ensuite le diacre chantait l’évangile Ego sum pastor bonus du premier dimanche après Pâques; après quoi l’évêque faisait une allocution, suivie du chant du Veni Creator, du verset et de l’oraison Deus qui corda fidelium, et du Benedicamus Domino. Suivait le sermon et enfin on publiait les statuts synodaux. L’évéque donnait ensuite sa bénédiction et on chantait le Te Deum. Puis, après que le ministre avait dit: In nomine Domini nostri Jesu Christi camus in pace, tous se levaient et retournaient en paix chez eux. 2

Gaspard ze Rhein remplissait avec zèle tous les devoirs de sa charge pastorale. Nous le trouvons encore en 1494 approuvant les changements faits aux statuts de la confrérie de l'église de Saint-Pierre à Bâle. Le chapitre de cette collégiale avait alors pour doyen Bernard Ouglin, qui était en même temps vicaire général de l'évêque de Bâle, Bernard Molitor pour chantre et Jean Siben, professeur de théologie, pour scolastique. La pieuse confrérie établie dans cette église avait été approuvée et enrichie d’indulgences par Jean de Venningen. On fixa l’entrée dans la confrérie à six florins d'or du Rhin. A la mort d'un confrère, chaque chanoine de Saint-Pierre devait dire une messe pour le défunt. Si un confrère choisit sa sépulture dans l'église de Saint-Pierre, on doit un florin pour l'enterrement à partager entre les chanoines et les chapelains ; aux Quatre-Temps on en fera mémoire à la messe célébrée ces jours-là pour les défunts de la confrérie. A la mort d'un confrère tous les membres de la confrérie doivent dire pour le repos de son âme quatre-vingt-dix fois le Pater noster et l’Ave Maria ; trente le premier jour des obsèques. Chaque chanoine, en prenant possession, devra verser

1 Archives de l'ancien évêché de Bâle. = 2 Archives du château de Porrentruy:

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