CHAPITRE XXIX
un florin au receveur de la confrérie. Après le décès d’un chanoine ou d’un chapelain de Saint-Pierre, ses confrères diront trois messes pour le repos de son âme ... 1 (30 janvier 1494). La même année Gaspard ze Rhein confirme la fondation de la chapelle de Sainte-Catherine faite par les habitants de Montfaucon, dans l’église de Saignelégier (11 septembre 1494). 2
A Saint-Ursanne la chapelle des Trois Piois étant vacante, l’évêque de Bâle qui en était collateur avait nommé chapelain un chanoine de la collégiale, Barthélemy Keser. Le chapitre voulut obliger ce chapelain à faire cinquante jours de résidence de plus que les autres chanoines. L’affaire fut portée à Gaspard ze Rhein qui entendit les parties et transféra au chapitre de Saint-Ursanne le droit de nommer le chapelain des Trois Rois, qui devait être traité comme les autres chanoines, ne résidant pas d’ordinaire. L’évêque se réserva l’ancien droit de choisir dans le chapitre de Saint-Ursanne un chapelain d’honneur qu’il pouvait exempter de la résidence (4 janvier 1493). 3
A Bâle, la cloche donnée à la cathédrale par l’antipape Félix Y en 1441, se fendit sous la main des sonneurs; la fabrique la fit refondre le 37 octobre 1493; on la décora des vers suivants:
Tempore concilii Félix dédit: impete fregit Pulsantum manus: instaurât modo fabrica fractam:
Mille, quater centum, semel L, quater X, tria jungas. 4
Peu après on refit également la petite cloche qui servait à appeler les chapelains. 5 Vers le même temps l’abbé de Lucelle, Theobald Hylweck de Thann, reçut à Bâle dans la chapelle de Saint-Bernard, dépendant de la maison de cette abbaye, la bénédiction abbatiale des mains du suffragant de l’évêché, Nicolas Frisius, évêque de Tripoli (15 octobre 1495, le dimanche avant la fête de S. Thomas, apôtre.)6 De son côté Gaspard ze Rhein accorda la même année à la ville de Bâle qui l’en suppliait, un lieutenant de bourgmestre dans la personne de Hartung d’Andlau, chevalier, sans préjudice aux titres de la ville. 7 On le trouve aussi donnant en fief à Philippe, margrave de Hocberg, les biens de Haltingen, Hôllstein, les fonds et mines du Brisgau, comme ses prédécesseurs les avaient eus (1487). 8 En 1491 Gaspard ze R.hein achète du chancelier de l’empire, le docteur Conrad Sturtzeln, pour mille florins, du consentement de l’empereur, la dîme de Porrentruy qui était jadis un fief de la maison d’Autriche. 9 Blauen avait contracté avec Soleure une combourgeoisie sur laquelle les sujets de cette montagne s’appuyèrent pour se révolter contre l’autorité de l’évêque de Bâle, leur seigneur. Gaspard ze Rhein réclama l’intervention des Bernois qui forcèrent les Soleurois à renoncer à la combourgeoisie, cause de la rébellion, et à abandonner à ses forces la montagne de Blauen qui se soumit aussitôt (1490). 10
A cette époque une partie de l’évêché fut infestée par une bande de brigands qui se livrèrent à toutes sortes de crimes. Vols, incendies, assassinats, impositions, dévastations se multiplièrent tant que la diète suisse réunie à Lucerne ordonna l’arrestation de ces bandits partout où ils paraîtraient. Gomme ils séjournaient
1 Varia latina, p. 236, aux archives de l’ancien évêché de Bâle. = 2 Trouillat et Vautrey, t. V.
p. 657. = 3 Ibid., p. 899. = 4 Basilea sepulta, p. 358. = 5 Elle portait cette inscription :
Ecclesiam liane Cæsar reparas Henrice recentem,
llæc tibi uxori me dat vocor atque Tlieodolus. 1494.
Basilea sepulta, p. 358. = 0 Epit. fast. Lucell., p. 204. = 7 Trouillat et Vautrey, p. 908. = 8 Archives
de l’ancien évêché de Bâle. = 9 Ibid. — 10 P. Voisard, Histoire des évêques de Bâle, p. 346.