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CHAPITRE XLI

Mgr Salzmann était comme de droit signalé aux suffrages du Grand-Chapitre, quand ce corps se réunit pour nommer le successeur du prince de Neveu. Léon XII avait préparé cette élection par un bref du 15 septembre 1838, adressé aux capitulaires de l’église de Bâle. „ C’est une affaire bien grave, disait le souverain pontife, que l’élection d'un évêque. Vous ne vous inspirerez que du bien de la religion et du salut des peuples. Nous vous disons avec les Pères de Trente: Vous devez avoir soin de choisir les plus dignes et les plus utiles à l’Église. Vous vous rappellerez que l’Église est florissante, comme nous l’apprend Yves de Chartres, quand le sacerdoce et l’empire sont d’accord. C’est pourquoi, vous prendrez le parti de donner vos suffrages à ceux qui joindront à toutes les qualités énoncées ci-dessus l’avantage de ne pas être désagréables au gouvernement . . . Nous comptons sur votre piété et sur votre foi pour suivre dans une affaire si importante notre direction et remplir avec sagacité le mandat qui vous est confié . . . “ 1 Les gouvernements s’autorisèrent de cette parole bienveillante du Saint-Siège pour s’immiscer dans la nomination de l’évêque de Bâle. Réunis à Soleure, le

10 décembre 1838, les chanoines électeurs consentirent à présenter aux cantons diocésains une liste de six candidats, les laissant libres d’en rayer trois. Le chapitre choisit parmi les trois restants le nouvel évêque. Ce fut l’administrateur apostolique. Le Saint-Siège ratifia l’élection et Mgr Salzmann fut préconisé évêque de Bàle par le pape Pie VIII, le 18 mai 1839. Son sacre eut lieu le 36 juillet de la même année dans la cathédrale de Soleure; le nonce apostolique près la Confédération Suisse, MgrOstini, archevêque de Tarse, fut le prélat consécrateur.

Mgr Salzmann était un homme docte et éclairé, habitué à Lucerne, sa ville natale, à traiter avec les exigences des autorités républicaines qui s’ingéraient fort souvent dans les questions religieuses. Il était d’une extrême modération, quand

11 s’agissait des droits de l'Église méconnus ou attaqués, et il allait toujours jusqu’aux dernières limites du possible dans les concessions qu’il croyait pouvoir faire aux prétentions des gouvernements cantonaux. Malgré ces dispositions si pacifiques et si bienveillantes, il ne fut pas exempt de luttes et de déboires et il fut déjà fort maltraité par le radicalisme qui commençait dès lors son œuvre de rébellion contre l’autorité de l’Église.

Un des premiers actes du nouvel évêque fut la nomination de M. Aloyse de Bilieux aux fonctions de vicaire-général et celle de M. Cuttat, curé de Porrentruy, en qualité de provicaire-général pour la partie catholique du Jura. C’était une récompense due à un vieillard qui avait jeté un grand éclat sur son pays par sa science et sa pitié, et qui parvenu à l’âge de la caducité, ne pouvait plus continuer avec avantage les fonctions de provicaire qu’il avait exercées jusque-là. M. de Bilieux n’occupa cette charge élevée que quelques mois : la mort l’enleva le 1 7 juin 1830, à l’affection et au respect du clergé et du peuple du Jura.

La première lettre pastorale de Mgr Salzmann eut pour objet l’annonce du jubilé accordé par Pie VIII au commencement de son pontificat. Elle porte la date de Soleure, 36 août 1839. Le vénérable prélat commence ainsi:

„ C’est pour la première fois, que nous vous adressons la parole, N. T. G. F., et nous avons ce bonheur, que dès l’entrée dans notre ministère nous pouvons vous annoncer la plus grande grâce apostolique que nous puissions recevoir : Sa Sainteté

1 Aux archives du Chapitre de Soleure,

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