CHAPITRE XLI
siècles. Son premier et principal but est d’éveiller, de fortifier les sentiments de reconnaissance, de componction et de prière. Elle bénit le Dieu en trois personnes; elle nous rappelle et la chute funeste de l’homme, et la nécessité d’un rédempteur ; elle nous montre ce rédempteur naissant de Marie, la plus pure de toutes les vierges ; elle nous fait méditer sur les sublimes mystères de l’abaissement et de l’élévation du Fils de Dieu ; elle place dans nos cœurs et sur nos lèvres, les sept demandes que le divin Sauveur enseigna à ses disciples. Comme les augustes prières qu’elle renferme composent une couronne de roses mystiques, on l’a nommée le Rosaire. C’est par cette prière que nos ancêtres ont su se conserver dans la foi, fortifier leurs espérances et s’édifier par une mutuelle charité. Suivez, N. T. C. F., suivez cet exemple. O spectacle édifiant ! ô pratique bien propre à attirer les bénédictions du ciel, lorsque le soir, après les travaux accomplis, dans chaque maison catholique, le chef de famille prie ainsi, avec les siens. Par là, le travail de la journée reçoit l’empreinte d’une consécration divine, et l’âme prend un essor qui l’élève vers l’Être invisible, surnaturel, immuable.
A cette prière, il est d’usage d’ajouter les litanies de la Ste Vierge. Et pourquoi ne le ferait-on pas? Eclairée par le Saint-Esprit, Marie, après avoir reçu les félicitations d’Elisabeth, n’a-t-elle pas fait entendre ces accents prophétiques: dès ce jour, toutes les nations me béniront. Refuserions-nous nos hommages à la fille élue de la race de David, qui, au nom de tout le genre humain et par l’entremise de l’ange Gabriel, a reçu du Père éternel, le salut de paix? Dédaignerions-nous d’honorer Marie, cette Arche d’alliance, qui conserva, non les tables de marbre de la loi, mais Injustice éternelle même? Qui voudrait ne pas vénérer Marie, dans laquelle Dieu redevint le Père des hommes et le Fils de Dieu, notre Sauveur ? Enfin, refuserions-nous de répéter avec l’ange : Vous êtes pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. — Honorer la Mère, c’est honorer le Fils ; dans Marie, nous honorons Jésus.
Gomme Marie, le plus chaste des lis entre les hommes, a pratiqué l'obéissance la plus entière, une soumission sans réserve à la volonté de Dieu, comme elle fut la servante du Seigneur, la plus accomplie, un parfait modèle de toutes les vertus, ne devons-nous pas étudier sa vie qui respire la sainteté? Ne devons-nous pas aller à son école, pour y apprendre l'humilité, la douceur, la patience, l’amour de la paix, l’obéissance, la fidélité à notre vocation, la pureté des mœurs, une entière soumission aux sages décrets de la Providence? Ce fut à la prière de Marie, que Jésus accomplit à Cana le premier miracle, et la voix de cette tendre Mère ne s’est jamais fait entendre en vain. Toujours, elle fut le refuge des pécheurs, la consolation des affligés, le secours des chrétiens, la Mère de la miséricorde et de la grâce divine : qui donc pourrait ne pas recourir avec confiance à sa toute-puissante intercession, et ne pas s’écrier: O Marie, priez pour nous."
L’éducation de la jeunesse était aussi l’une des principales préoccupations du vénérable prélat. Il consacra à cette importante question tout le mandement de carême de 1848 (25 janvier). — Mgr Salzmann annonça encore les jubilés de 1851 (12 janvier) et de 1852 (1 mai). Le dernier mandement de carême du saint évêque porte la date du 16 janvier 1854. Il traite de la confession. Trois mois après, une attaque d’apoplexie enlevait à l’Église Mgr Salzmann. 1
1 Le chapitre cathédral en fit part au diocèse de Bâle en ces termes: Nous avons à vous annoncer un événement bien lugubre, qui vient de plonger dans le deuil l’Église de Bâle et ses enfants. C’est la mort soudaine de son évêque, S. G. Mgr Joseph Antoine, pasteur éminemment digne, décédé à onze heures de la nuit du 23 avril dernier. Cet illustre pontife, qui jouit déjà, nous l’espérons, de la vue de Dieu, a gardé, conduit et nourri le troupeau, que le Seigneur lui avait confié, pendant vingt-quatre ans et neuf mois, au milieu des peines, des soucis et des tribulations toujours inséparables du ministère apostolique, surtout dans des temps d’agitation, de troubles et d’effervescence. Il a rempli sa haute mission avec une admirable douceur, et aussi, quand il était nécessaire, avec force, s’étudiant toujours à tempérer la sévérité par l’indulgence la plus paternelle, par les saintes inspirations de la foi la plus vive et par ses exemples. En effet, nous tous, prêtres et fidèles, combien de fois n’avons nous pas été frappés d’admiration et d’une émotion profonde, en voyant ce zèle enflammé, qui entraînait les cœurs, et avec lequel cet auguste défunt se vouait, même dans les années de sa vieillesse, tant dans l’église cathédrale que dans les différentes contrées de son vaste diocèse, aux saints devoirs et aux sublimes fonctions de l’épiscopat! Mais, hélas! à peine avait-il célébré pontificalement et pour la dernière fois dans ce monde, les grands