‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 511 sur 612 · ELECTION DE M«R ARNOLD · texte numérisé non relu

ELECTION DE M«R ARNOLD

Un contemporain, qui a vu de près le prélat défunt, en fait un portrait fidèle qui a sa place dans cette histoire :

„Mgr Salzmann était un homme de petite taille, avec un corps assez frêle, vêtu très simplement, même comme évêque. Il ne portait pas habituellement la soutane, mais une soutanelle ou la redingote. Sa croix pectorale se cachait ordinairement sous le revers de son habit ; et on n’en apercevait guère que la chaîne. Comme évêque il n’avait pas plus d’étalage dans son évêché qu’un simple prêtre et n’avait d’autre employé dans sa maison que M. Stadlin, son chancelier. C’était d’une simplicité toute patriarcale. Il n’avait besoin de personne, parce qu’il se suffisait à luimême. C'était lui-même qui écrivait toutes ses lettres, qui rédigeait toutes ses pièces, qui traitait toutes ses affaires. Et celles-ci, sous son administration n’étaient jamais en souffrance. Il pouvait écrire vingt à trente lettres par jour, sans se gêner. Il prenait pour cela une plume qu’il ne taillait jamais et qui devait bien des fois avoir la forme émoussée d’un allumette. C’était du moins l’effet que produisait la vue de son écriture, du reste en grands caractères et fort lisible. En deux lignes, il vous donnait une décision et les motifs à l’appui; en deux mots il vous saluait et sa lettre était finie. Pour l’ordinaire, ses lettres étaient en un latin très correct, et ses décisions dénotaient un homme versé dans les sciences théologiques . . . Nous l’aimions comme bon théologien, bon caractère d’homme, bon cœur et en définitive bon évêque ... Je me suis dit bien des fois que c’était sans doute la Providence qui nous avait donné cet évêque dans les circonstances critiques que nous traversions. Voyant la rage des ennemis de l’Église appliquée à chercher tous les moyens d’étouffer la foi catholique dans nos âmes, je me disais que cet homme si condescendant pour eux, avait peut-être suspendu le cours de leurs entreprises, et qu’un évêque maniant plus vigoureusement sa houlette, n’aurait peut-être fait que cle le précipiter . . . Nous avons entendu nous-même Grégoire XVI dire que l’évêché de Bâle était le plus difficile à administrer de toute la chrétienté. Cette difficulté doit protéger la mémoire de Mgr Salzmann . . . “ * 1

L’évêque défunt avait eu une laborieuse et difficile administration. Ses luttes avec les gouvernements n’eurent pas l’éclat que les événements ont donné aux différends de l’évêque de Bàle actuel avec les États diocésains, mais elles n’en furent pas moins constantes et douloureuses. Les radicaux de nos jours semblent avoir oublié tout cela et ils ne cessent de faire un parallèle blessant entre les concessions prétendues, la douceur du vénérable Joseph Antoine et les prétentions autoritaires de Mgr Eugène. Le fait est que le torrent du radicalisme, d’abord contenu dans ses rives, a fini par prendre carrière et étendre ses ravages. Durant son épiscopat de vingt-cinq ans, Mgr Salzmann a ordonné cinq cent vingt- neuf prêtres, sacré six prélats et abbés et consacré quarante-cinq nouvelles églises. 2

Ce fut le chanoine X. Staffelbach qui fut nommé, par le chapitre cathédral, vicaire capitulaire, le siège vacant. D’après la bulle de 1898, les chanoines de la cathédrale étaient, en possession de nommer l’évêque de Bâle. Interrogé comment on devait entendre les paroles du bref du 15 septembre 1898 qui recommande aux capitulaires électeurs de ne pas nommer une personne moins agréable aux gouvernements, personam minus gratam guberniis, le Saint-Siège répondit, le 19 janvier 1863, que, suivant d’autres déclarations faites antérieurement aux évêques de Trêves, de Gnesen et Posen, les chanoines avaient le droit de choisir

mystères du Jeudi Saint et de la solennité de Pâques, qu’il a plu à Dieu, dont les décrets sont impénétrables et auxquels tous doivent se soumettre avec un abandon absolu, de briser sa carrière mortelle, longue de soixante-quatorze ans et affaiblie par des infirmités corporelles, et d’appeler à lui, dans la céleste béatitude, son âme, qui pendant tout le cours de sa vie soupirait ardemment à se réunir au divin pasteur.

1 Mgr Bélet, Mémoires, p. 112 et suiv. = 2 Communication de la chancellerie épiscopale.

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