CHAPITRE XLI
l’évêque entre les hommes distingués par leur piété, leur science théologique, leur prudence et les autres vertus, qu’ils sauraient n’être pas désagréables aux gouvernements, soit par leurs antécédents, soit pour d’autres raisons convenables. 1 Mais les gouvernements des cantons diocésains, sans se soucier des droits du chapitre, voulurent s’arroger le droit de rejeter les candidats du chapitre jusqu’à ce qu’il s’en présentât un qui leur fût tout à fait agréable. Le chapitre s’en tint à une liste de six candidats dont trois pouvaient être rayés par les cantons. Les gouvernements repoussèrent les six candidats. Le chapitre se sépara sans lien faire. Plus tard on reprit les négociations et il fut convenu d’un accord officieux que Mgr Arnold serait le candidat agréé. Le chapitre, réuni pour l’élection, le 4 août 1854, le porta sur sa liste et il fut nommé évêque de Bâle. Les chanoines électeurs furent MM. A. Vock, doyen, F. Rohner, C. Glutz-Blotzheim, G. Tschan, G. Contin, X. Staffelbach, F. A. Frœwis, J. L. Schiffmann, L. de Vivis, G. Sigrist, N. Friat. Le nouvel évêque de Bâle fut préconisé par le Saint-Siège dans le consistoire du 16 septembre 1854. Son sacre eut lieu à Soleure, avec une grande pompe, dans la cathédrale, le 18 mars 1855. L’évêque de Saint-Gall, Mgr J. P. Mirer, remplit l'office de prélat conséerateur.
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Signature de l’évêque J. A. Salzmann.
MGR Charles Arnold était soleurois, d’une famille honorable. Né le 18 novembre 1796, il avait fait une partie de ses études théologiques au séminaire de Saint-Sulpice à Paris, en 1819 — 1 8i20. A sa sortie de cette célèbre maison, il reçut la prêtrise à Fribourg des mains de Mgr Tobie Yenni, évêque de Lausanne, (août 1820) et, après avoir dit sa première messe à Soleure, il fut placé à Rappel comme vicaire. Trois mois après, il fut nommé curé d’Hægendorf, localité importante du district d’Olten-Gœsgen. Durant dix ans, M. Arnold remplit aveczèle et succès les fonctions pastorales. En 1829 il fut nommé chanoine de la collégiale de Saint-Urs à Soleure, mais il ne put être installé qu’en 1831. Chargé de l’office de prédicateur de la cathédrale, il s’acquitta de cette tâche difficile avec distinction. La régularité de sa vie, la douceur de son caractère, ses vertus et ses talents le désignaient tout naturellement au choix des capitulaires électeurs. Son élection fut accueillie avec joie par tout le diocèse de Bâle.
Le premier acte du nouvel évêque de Bâle fut d’annoncer le jubilé accordé par Pie IX, dans une lettre pastorale qui porte la date du J 2 avril 1855. Il fait part en même temps à ses diocésains de sa prise de possession de l'évêché de Bâle. Son langage pieux, modeste, élevé traduit les sentiments de son cœur. Nous citons en entier ces belles pages qui eurent un touchant retentissement dans le diocèse de Bâle :
„Nos bien-aimés en Jésus-Christ, Grâce et paix soient cà vous de la part de Dieu notre père et de Jésus-Christ notre Seigneur! Tel était le salut de bénédiction par lequel l’apôtre S. Paul avait coutume de commencer ses épitres aux communautés
1 Bref du 19 janvier 1863, aux archives du chapitre de la cathédrale de Soleure.