‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 514 sur 612 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

originel, foi qui dès les temps les plus anciens se trouve dans l’Église catholique, et qui fut toujours profondément gravée au cœur des dévots de Marie: elle devait seulement être proclamée plus haut et d’une manière plus formelle. Comme témoin et interprète des traditions de toutes les Églises particulières répandues sur la terre, lesquelles ont leur centre à Rome, Pie IX a voulu publier ce que ces Églises croient et professent au sujet de ce privilège de la sainte Vierge et mère de Dieu, et nullement, comme pourraient le croire des personnes peu instruites, établir un nouvel article de foi, ou un nouveau dogme. L’Église, apostolique et immuable dans sa doctrine, ne crée pas des dogmes, elle les reçoit seulement ; elle proclame les vérités contenues dans les saintes Écritures et la tradition, elle n’en invente point.

„Or, l’objet que notre Pasteur suprême, dans son tendre amour pour la mère de Dieu, avait en vue, celui pour lequel il implorait les lumières d’en haut et invitait tous les fidèles de notre sainte Église à la prière, cet objet s’est réalisé depuis. Au mois de décembre de l’année dernière, dans une assemblée solennelle, entouré d’un nombre considérable d’évêques accourus à sa voix des pays même les plus éloignés, le Souverain Pontife, après avoir auparavant consulté l’Église universelle (ecclesia dispersa), a proclamé la Conception immaculée de Marie, glorieuse mère de notre Seigneur, comme article de foi de l’Église catholique. Nous ne pouvons que Nous en réjouir, et, dans des sentiments de reconnaissance envers Celui qui fonda l’Église et qui la dirige, envers le Dieu qui a voulu entourer sa mère virginale d'un nouvel éclat, Nous recommander Nous-même, ainsi que le salut de l’Église, le bien de toute la chrétienté et celui de notre chère patrie, à cette puissante médiatrice et avocate, et Nous mettre, plein de confiance, sous sa sainte protection. “ 1

La douceur bien connue de Mgr Arnold n’empêcha pas le radicalisme de lui susciter toutes sortes d’entraves et d’abreuver d’amertumes sa carrière épiscopale. Nous enregistrons rapidement les actes iniques, injustes, violents qui déchirèrent si douloureusement le cœur de notre évêque.

Une pieuse donatrice avait fondé à Frick en Argovie une chapellenie dont l’administration était mise aux mains des préposés du chapitre rural. Le gouvernement ratifia cette disposition. Ce qui n’empêcha pas le conseil d’État argovien, en 1854, de s’emparer, malgré le chapitre, de tous les titres et valeurs appartenant à cette chapelle.

Dans le canton de Thurgovie, les catholiques, malgré la réforme, avaient gardé leurs droits sur les églises paroissiales et sur les fonds d’écoles: partout où seize familles catholiques étaient restées dans la paroisse, on leur devait une école particulière catholique. En 1856, le Grand Conseil de ce canton décida la suppression de ces écoles et l’annexion des enfants catholiques aux écoles protestantes de chaque localité. Les fonds réservés aux catholiques furent ainsi distraits de leur destination et appliqués aux écoles protestantes. Cette mesure n’eut un effet général qu’en 1 869 ; on avait d’abord respecté les écoles catholiques où se trouvaient de nombreux élèves, mais la constitution de 1869 supprima pour les écoles toute distinction confessionnelle. On se hâta de fermer dans tout le canton les quelques écoles catholiques qui restaient encore, sans égard pour les protestations de l’évêque, du clergé et du peuple.

En 1856, quelques dames de Lucerne veulent établir une maison de refuge pour les jeunes filles. L’établissement devait être confié aux sœurs théodosiennes si appréciées dans toute la Suisse. Le gouvernement de Lucerne refusa l’autorisation demandée et l’œuvre si excellente resta en projet, faute d’un simple permis de l’autorité cantonale.

1 L)es archives de l’évêché de Bàle.

EVEQUE DE BALE

Phototyp. Charles & Nicolas Benziger frères, Einsiedeiii.

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