VEXATIONS DU RADICALISME
D’après la bulle de 1828, les États devaient doter un séminaire diocésain que l’évêque de Bâle avait la faculté d’organiser et de diriger, avec l’aide de ses chanoines. Mgr Salzmann avait renoncé à l’érection de cet établissement, indispensable à un diocèse, devant les prétentions exagérées des gouvernements qui voulaient avoir une surveillance continuelle sur la maison. Mgr Arnold revint à la charge et une première convention fut conclue avec les Etats diocésains en 1857. Le Saint-Siège ne put approuver cette convention, qui sauvegardait trop peu les droits de l’Église; l’évêque dut revenir sur les concessions; on refit le concordat. Cette fois Rome toléra le projet d’érection du séminaire qui fut signé le 17 septembre 1858. Les gouvernements s’étaient réservé le droit de surveillance, de direction, de nomination des supérieurs et professeurs. Mgr Arnold crut qu’il valait mieux subir ces entraves que de priver le jeune clergé du bienfait de l’éducation cléricale, donnée sous ses yeux et sous sa direction. M. Keiser, professeur de théologie à Soleure, fut nommé supérieur du nouveau séminaire qui s’ouvrit le 4 janvier 1860.
En 1857, l’archevêque de Fribourg, Mgr Vicari, dut interdire pour des raisons graves un prêtre argovien qui venait parfois remplir des fonctions ecclésiastiques dans le diocèse de Fribourg. Le gouvernement d’Argovie s’en offensa et en retour, il défendit à tous les prêtres du diocèse de Fribourg de venir remplir quelque fonction de leur ministère dans le canton d’Argovie.
Il existe dans le canton de Lucerne, à Beromiinster, une très ancienne collégiale, qui comprenait vingt-deux chanoines et onze chapelains. Sous l’administration de Wessemberg le chapitre fut condamné à payer chaque année
seize mille francs à la caisse ecclésiastique. Plus tard on supprima trois prébendes de chanoine et quelques chapellenies. Après le Sonderbund, le gouvernement de Lucerne imposa au chapitre une amende de huit cent mille francs; de plus, un administrateur laïque, accosté de deux secrétaires, fut chargé de gérer la fortune de la collégiale, moyennant un fort salaire payé par les chanoines. En 1857, les prébendes furent réduites à mille quatre cents francs, tandis qu’autrefois elles montaient à quatre mille francs.
On sait ce qu’est l’œuvre de la Sainte-Enfance qui porte aux missions lointaines de l’Orient les aumônes de l’Europe el arrache à la barbarie une foule de pauvres enfants. Le 24 septembre 1857, la commission ecclésiastique catholique (civile) d’Argovie a défendu au clergé de ce canton d’établir dans les paroisses la Sainte- Enfance. Les doyens ont en même temps reçu ordre de faire rapport au gouvernement argovien sur les paroisses où cette œuvre se trouverait déjà établie. En même temps, l’autorité civile se prononçait contre la dévotion du mois de Marie qu’elle taxait de pratique piétiste et séparatiste. Le même gouvernement enjoignit aux curés de publier les bans de mariages mixtes contractés sans dispenses et ceux des mariages divorcés. Mgr Arnold les autorisait à le faire, en déposant l’étole et en faisant précéder la publication de ces mots: ,,Pour satisfaire à la loi civile ..."
Soleure avait un couvent de Cordeliers qui en 1857 ne comptait plus que deux religieux. • Le provincial de l’ordre essaya de relever cette maison? en y introduisant
Charles Arnold.