SUITE DES VEXATIONS DU RADICALISME
catéchisme. Un curé qui en avait déjà distribué cent exemplaires aux enfants de sa paroisse reçut une verte admonestation et l’ordre brutal de les retirer aussitôt. En 1860, Thurgovie et Bâle-Campagne interdirent aussi le même catéchisme. La Conférence dite diocésaine se composait des députés des gouvernements du diocèse de Bàle. Ils sont tous laïques et plusieurs sont protestants ou ennemis déclarés de l'Église catholique. Ils se réunissent de temps à autre à Soleure pour traiter les affaires ecclésiastiques du diocèse et décident des intérêts des âmes, sans consulter l’évêque qui reste étranger à tous les travaux de la Conférence. Le 8 août 1860, ces nouveaux docteurs, quatre catholiques et trois protestants, décrétèrent que le nouveau catéchisme diocésain était inadmissible au point de vue du dogme, de l’enseignement pédagogique et du style, et qu’on ne pouvait le tolérer dans le diocèse de Bàle. Mgr Arnold dut protester énergiquement, par une lettre du 7 janvier 1860, contre les empiétements des gouvernements qui interdisaient le catéchisme diocésain. — La même année, le gouvernement d’Argovie défendit, l’après-midi du dimanche, le chant des vêpres, l’exercice du chemin de la croix. Il ne toléra les catéchismes que pour les jeunes gens de douze à dix-huit ans.
A Aarau, il y avait un cours d’instruction pour la musique militaire, quarante catholiques en faisaient partie en J 860. Le jour de la fête de S. Pierre, il leur fui interdit d’assister à la messe, mais le samedi suivant, on permit aux juifs qui suivaient le cours d’instruction de s’absenter pour remplir la loi du sabbat.
En septembre 1860, Argovie ordonna aux curés d’enterrer les enfants morts sans baptême, avec toutes les cérémonies réservées aux enfants baptisés. Les protestations de l’évêque et du clergé furent non avenues et le gouvernement maintint son décret (29 octobre). Le vicaire de Leuggern, M. Herzog, ayant refusé la sépulture ecclésiastique à un enfant mort-né, fut pour ce fait destitué par le gouvernement argovien (1861).
Dans le canton de Schaffouse, le vieux curé de Ramsen devenu aveugle s’était retiré, après quarante ans de services, dans une propriété qui lui appartenait : il y établit un oratoire où il disait la messe et y confessait ceux qui lui demandaient ce service. Le gouvernement l’ayant appris lui retira sa pension de retraite de deux cents francs et lui ordonna de quitter aussitôt le canton (sept. 1860). La même année, le conseil d’éducation de Thurgovie ordonna de ne réciter dans les écoles du canton que des prières communes aux catholiques et aux protestants. On n’y fit plus le signe de la croix, on n’y récita plus Y Ave Maria, etc.
En 1860, le gouvernement de Lucerne nomma professeur au collège cantonal un nommé Eckart, connu par ses écrits irréligieux et impies. Le clergé s’éleva inutilement contre ce choix. Mais l’enseignement du nouveau professeur était si ouvertement hostile à la religion que le peuple lucernois protesta par des pétitions qui obligèrent le gouvernement à le congédier; toutefois, il adoucit son renvoi en lui accordant un dédommagement de deux mille cinq cents francs. — Soleure en fit autant en 1869, lorsqu'on dut congédier le professeur athée Môllinger; on lui accorda une pension de deux mille francs.
Un catholique de Laufenbourg en Argovie avait légué vingt mille francs à la Propagation de la Foi. Le gouvernement argovien contesta la validité de ce testament. Il fallut l’entremise des ambassadeurs français et autrichien pour obtenir la reconnaissance de ce legs pieux. Et encore le gouvernement d’Argovie ordonna que l’argent serait placé à intérêts dans le district de Laufenbourg et que la