‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 516 sur 612 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

des novices. Le gouvernement de Soleure, qui avait le projet de s’emparer du couvent, proposa aussitôt au Grand Conseil la suppression des Cordeliers. Le Grand Conseil, craignant d’irriter le peuple fort attaché à ces religieux, n’osa pas voter l’extinction du couvent, mais il porta un décret qui, tout en maintenant les Cordeliers, leur interdisait les novices, les obligeait à recevoir dans leur maison le séminaire diocésain, à livrer leurs biens à l’Etat, chargé de les administrer en faveur de l’instruction publique. C’était la suppression du couvent. L’unique père qui y demeurait le quitta bientôt, et c’en fut fait du monastère qui remontait au XIIIe siècle.

En Argovie, le gouvernement décréta en 1857, qu’aucun prêtre étranger ne pourrait fonctionner dans le canton, s’il ne se présentait devant la commission ecclésiastique composée de laïques nommés par l’État et dont plusieurs étaient protestants. L’évêque de Bâle ne pouvait nommer à aucune fonction ecclésiastique dans ce canton sans l’agrément de cette commission. Le directeur de l’instruction publique en Argovie, le célèbre Augustin Keller, fit annoncer en 1858 dans son journal un ignoble pamphlet contre la messe, intitulé: Anatomie de la messe. L’ouvrage était offert gratis aux prêtres ou aux maîtres d’école (Schweizerbote, 1858, N° 47).

Il existe à Lucerne une caisse de subsides pour les étudiants en théologie. Le gouvernement s’en était emparé. Avant l’établissement du séminaire diocésain, Mgr Arnold ordonna aux théologiens de passer un an dans un bon séminaire. Le gouvernement refusa tout subside à ceux qui obéirent à cet ordre de l’évêque (1858). La ville de Lucerne avait alors un excellent curé, M. Rickenbach; l’autorité radicale fut souvent en lutte avec lui et l’évêque, qui soutenait ce digne prêtre, dut supporter de pénibles assauts.

Un règlement émané, le 12 août 1858, de la commission catholique argovienne défendait de consacrer plus d’une demi-journée par semaine à la préparation des enfants à la première communion.

L’évêque de Bâle avait approuvé pour les écoles de son diocèse une Histoire sainte qui lui paraissait très recommandable. La commission d’Argovie s’en plaignit et annonça aux curés du canton qu’elle préparait pour les écoles un livre d 'Histoire sainte qui servirait pour les deux confessions (1859).

Lors de la guerre entre l’Autriche, la France et l’Italie, en 1859, Mgr Arnold ordonna des prières publiques. Le gouvernement interdit le mandement de l’évêque. Devant l’indignation du peuple, le sacristain d'Argovie, comme on appelle M. Keller, fit imprimer une édition spéciale de la lettre pastorale, de laquelle il retrancha ce qui lui déplaisait; il y ajouta quelques observations qu’il fit suivre de sa signature. Mgr Arnold défendit au clergé la lecture de ce document et se contenta de faire prescrire verbalement aux fidèles les prières à réciter. 1

La même année, le gouvernement de Berne se plaignit du mandement de carême où il trouvait une phrase intolérante.

En 1859, Mgr Arnold fit composer un nouveau catéchisme pour le diocèse qui en comptait de vingt sortes au moins. Plusieurs gouvernements s’y opposèrent, et en firent la critique. Le gouvernement argovien alla même jusqu’à blâmer les doctrines de la foi positive: il défendit formellement l’usage du nouveau

1 M. Keller avait fait enlever de la lettre pastorale le nom de l'évêque et l'avait remplacé par ce titre: „Le Président de la Commission ecclésiastique catholique. “

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