MORT DE MGR ARNOLD
Le 2 mars 1862, le Grand Conseil du canton de Zurich vota, sans aucun motif, la suppression du couvent de Rheinau, l’une des plus célèbres abbayes du monde chrétien.
Au milieu de toutes ces vexations sans cesse renouvelées, Mgr Arnold n’en accomplissait pas moins, avec un courage toujours égal, les devoirs de sa charge pastorale. Homme de paix, ennemi de la lutte, il ne cessait de faire entendre ses réclamations et ses protestations. Il proteste devant le Grand Conseil de Thurgovie contre l’introduction du mariage civil et du divorce (10 août 1859). Il proteste contre une nouvelle loi en Argovie, qui bannit de l’école l’instruction religieuse (16nov. 1860). Il refuse au gouvernement d’Argovie l’établissement d’un séminaire particulier à Zurzach (mai 1861). Il proteste contre la suppression de la collégiale de Baden, devant les autorités cantonales et municipales (juillet 1861). Il proteste encore avec la même énergie, devant le gouvernement d’Argovie, contre une loi projetée sur les élections des curés et des chapelains, violant les droits de l’évêque et de l’Eglise. A côtés de ces protestations continuelles, le vénérable prélat multipliait les marques de son zèle apostolique. Il faisait avec un grand courage la visite pastorale de son vaste diocèse. Partout il était accueilli avec enthousiasme. Dans le Jura bernois, M. Migy, membre du gouvernement, accompagnait le prélat, dans un carrosse fourni par l’État (1856). Mgr Arnold consacra les églises de Gourtemaiche, de Courgenay dans le district de Porrentruy. A cette époque s’éleva l’église catholique de Berne due à son infatigable curé, MgrBaud. Pie IX contribua à cette bâtisse par un don de dix mille huit cent, cinquante francs; les chambres fédérales votaient trente mille francs pour le même objet.
Mgr Arnold obtint de Berne l’érection de la paroisse de Saint-Imier, pressé depuis longtemps par les deux mille catholiques de cette importante paroisse. M. Mamie, ancien élève de la Propagande à Rome, en fut le premier curé (1858). La même faveur fut accordée en 1861 à la paroisse de Moutier qui se trouvait dans les mêmes conditions que Saint-Imier. Le Grand Conseil bernois se rendit aux sollicitations de M. l’avocat Koller de Moutier et vota l’érection de cette cure catholique le 12 décembre 1861. M. l’abbé L’hoste, qui venait de quitter la direction du collège de Porrentruy, fut appelé au poste difficile de curé catholique de Moutier. C’étaient quelques éclaircies au milieu des orages qui éclataient à tout instant autour du pauvre évêque de Bâle. Il établit encore les conférences ecclésiastiques dans les cantons de Soleure, de Bâle-Campagne et dans le Jura bernois. Sa santé était ébranlée par les attaques incessantes qu’il devait soutenir; en 1862, les 26 et 28 octobre, il fit encore en Argovie la consécration des églises de Bunzen et de Berikon, mais il était déjà bien souffrant. Il fut deux mois encore dans un état de prostration et de dépérissement déplorables auquel il succomba le 17 décembre 1862. Il avait soixante-sept ans et n’avait, gouverné le diocèse que huit ans.
Les lettres pastorales de Mgr Arnold sont autant de témoignages de son zèle épiscopal et de son dévouement au salut de ses ouailles. Nous avons rapporté son premier mandement annonçant sa prise de possession de l’antique siège des évêques de Bâle (12 avril J 855); en 1856 (6 janvier) le vénérable prélat examine, dans la lettre pastorale pour le carême, comment, on peut établir dans la société humaine, d’une manière durable, l’ordre et la tranquillité, y raffermir la paix, et resserrer les liens entre l’autorité et le peuple ; quels sont les moyens de détourner