CHAPITRE XXIX
avertit l’avoyer de Soleure (11 décembre 1491). Soleure se défendit dans une lettre adressée aux cantons de Zurich, Berne, Uri, Unterwalden, Schwyz, Zoug, Glaris et Fribourg (22 décembre 1491). La diète réunie à Berne jvers ce temps termina ce différend. 1
Peu après (1493), Gaspard ze Rhein, avec l’évêque de Strasbourg et les villes de Colmar et de Schlestadt, contracta une alliance avec les Suisses pour cinquante ans contre la ligue de Souabe. Il n’entre point dans notre sujet de raconter les péripéties de cette longue et désastreuse guerre de Souabe qui aboutit à la bataille de Dornach. Nous renvoyons aux historiens de la Suisse ceux qui voudraient
connaître les détails de cette période si agitée. — L’évêque de Bàle et la ville restèrent neutres dans cette guerre, mais leurs sympathies peu déguisées étaient pour les Suisses. Plusieurs nobles, voulant suivre le parti de l’empereur, quittèrent Bâle, renonçèrent à leur bourgeoisie et se retirèrent dans les états de l’empire. Herman et Jacques d’Eptingen, qui étaient vassaux de l’évêché et occupaient la charge de grand maréchal de l’évêque, 2 Marc Reich de Reichenstein et Pantaléon de Flachsland furent de ce nombre. La paix dans laquelle fut compris Gaspard ze Rhein fut signée à Bâle le 22 septembre 1499.
L’évêché eut beaucoup à souffrir du passage des Autrichiens qui portèrent le fer et le feu dans la vallée de la Birse. Nous signalerons en particulier l’antique et vénérable église de Moutier-Grandval qui devint la proie des flammes le 4 juillet 1499. Nos archives gardent encore la lettre originale par laquelle le vicaire général de Constance recommandait au clergé de ce diocèse la reconstruction de cette église, détruite par le feu des ennemis. Voici ce document intéressant: „Le vicaire général de Révérend Père en J. C., le Seigneur Hugues, par la grâce de Dieu et du Siège apostolique évêque de Constance. A tous les doyens, camériers, curés, vicaires perpétuels, etc. établis dans le pays des confédérés du diocèse de Constance, salut dans le Seigneur. Nous croyons faire chose agréable à Dieu en invitant les fidèles à des œuvres de dévotion et de piété. Entre toutes les œuvres de piété, l’aumône faite pour augmenter le culte divin, a le premier rang, selon ce texte des saints livres: comme l’eau éteint le feu, ainsi l’aumône efface le péché; quelle confiance elle doit inspirer â ceux qui la font d’un cœur pur et sincère. Nous avons appris par les lettres du vicaire général du Révérend évêque de Lausanne, Aymon de Montfaucon, et aussi par un rapport très digne de foi qui nous a été fait que l’église collégiale de la très glorieuse Mère de Dieu, la Vierge Marie, et des saints martyrs Germain et Randoald, au lieu de Grandval, au diocèse de Bâle, où jusqu’à présent le culte divin a été célébré dignement, a été détruite et entièrement brûlée dans ces temps de guerre par un
1 Trouillat et Vautrey, p. 897. — Voir le Wochenblatt de Soleure, 1813, p. 49 et 57. = 2 1482,
27 décembre. Investiture des nobles d’Eptingen. Trouillat et Vautrey, t. V. p. 874,
Armoiries des Eptingen.