‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 552 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

moment pour la Conférence diocésaine d’entrer en scène. Déjà en 1870, la Conférence avait chargé une commission de réviser le concordat, de faire proposer à la prochaine Assemblée fédérale l’établissement d’un archevêché national, et enfin d’instituer une université fédérale avec une faculté de théologie vieille-catholique. Le projet d’un archevêché national était l'œuvre de M. Augustin Keller, d’Argovie; il avait été longuement développé dans les journaux. Le premier connue le dernier mot, n’était autre que la rupture avec Rome, et l’élection par le peuple à toutes les fonctions ecclésiastiques. Ajoutons que le prêtre schismatique allemand Pœinkens avait parcouru le diocèse de Bâle et excité partout à la révolte contre l’évêque légitime. A Starrkirch, le curé Gschwind, excommunié, continuait à fonctionner, assisté par les gendarmes qui contraignaient les enfants des écoles à prendre part aux offices religieux.

Le 29 janvier 1873, la Conférence diocésaine s’était réunie à Soleure. Dès la veille, les membres représentant les cinq gouvernements opposés à l’évêque avaient arrêté leur décision. La séance officielle eut lieu à trois heures après-midi. M. Vigier de Soleure présidait. Étaient présents, pour Argovie, MM. Keller et Brentano ; pour Berne, MM. Teuscher et Jolissaint ; ce dernier était un jurassien ; pour Thurgovie, M. Anderwert; pour Soleure, MM. Vigier et Jecker; pour Zoug, M. Muller, et pour Lucerne, M. Kopp (M. Segesser était empêché de se rendre à la Conférence); pour Bàle-Gampagne siégeaient MM. Adam et Businger (ce dernier était protestant). Les débats durèrent jusqu’à la nuit. On écarta toute tentative ultérieure de conciliation pour n’adopter que des mesures de rigueur, c’est-à-dire la destitution de l’évêque de Bàle.

Les deux députés de Lucerne et de Zoug nièrent la compétence de la réunion pour statuer sur la destitution de l’évêque; déclarèrent que les États de Lucerne et de Zong continueraient à reconnaître Mgr Lâchât comme l’évêque légitime et lui garantiraient l’exercice de ses fonctions sur leurs territoires. Mais les délégués des cinq autres États prétendirent qu’ils agissaient selon leurs instructions en adoptant la mesure proposée. Le lendemain on signifia à Mgr Lâchât les résolutions suivantes:

Considérant 1° que l’évêque Eugène Lâchât ayant déclaré, malgré les décisions des États diocésains touchant le dogme de l’infaillibilité, qu’il a le devoir sacré de mettre ce dogme à exécution, et qu’il l’a proclamé dans son mandement du 6 février 1871 ;

2° Que pour atteindre le but qu’il poursuit l’évêque Lâchât ne tient compte ni des intérêts ni des institutions des cantons du diocèse auxquels il a juré fidélité; cpie le dogme qu’il veut faire prévaloir est dirigé contre toute l’organisation de l’État moderne, est. opposé aux principes de notre constitution, et menace la société civile d’une scission et d’une lutte confessionnelle;

3° Que par le fait de la reconnaissance de ce dogme, la position légale de l’évêque et l’ensemble de la constitution de l’Église catholique ne sont plus ce qu’ils étaient lors de la conclusion du concordat et de la nomination de l’évêque;

4° Qu’en infligeant à des curés, par la seule raison qu’ils ne reconnaissent pas le dogme de l’infaillibilité, la peine de l’excommunication et la destitution, il s’est mis en une opposition très grave avec les principes de la liberté de conscience appliqués dans les cantons diocésains;

5° Qu’en destituant les curés de son propre chef, sans l’assentiment de l'État et des collateurs, en prétendant exercer les droits de collature dans les paroisses, en se refusant à reconnaître le placet, en déclarant que les curés du diocèse n’ont à répondre qu’à lui et à Dieu (voir ses lettres du 4 et 9 nov. 1872 au gouvernement de Soleure), l’évêque Lâchât porte atteinte aux droits de l’État et aux lois des cantons; qu’il tend à soustraire

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