PROTESTATION DE MBR LACHAT
à la surveillance des États la direction du séminaire; qu’il continue à se livrer au trafic indigne des taxes des dispenses; qu’il patronne la presse d’un parti politique; que si les États eussent prévu ces tendances, ils auraient refusé leur participation à l’élection de M. Eugène Lâchât . . .
6° Que dans leur approbation de la bulle du concordat de 1828, les États ont fait, le 12 juillet de la même année, une réserve qui sauvegarde tous les droits de suprématie de l’État, et par conséquent la faculté de prendre toutes les mesures que réclame le bien public contre des empiètements illégitimes; que la majorité des États est convaincue qu’une coopération efficace avec l’évêque Lâchât est devenue impossible.
La Conférence diocésaine décrète:
1° L’autorisation donnée le 30 novembre 1863, à l’évêque Eugène Lâchât, de Mervelier, d’occuper le siège épiscopal de Bâle, est retirée et ses fonctions sont ainsi déclarées vacantes.
2° Il est interdit à M. Eugène Lâchât d’exercer à l’avenir les fonctions épiscopales dans les cantons, et ceux-ci sont invités à retenir provisoirement la mense épiscopale.
3° Le gouvernement de Soleure est invité à fixer à M. Eugène Lâchât un délai à l’expiration duquel il devra avoir quitté le palais épiscopal. Il fera dresser un inventaire de ce qui appartient à l’évêché de Bâle.
4° Le chapitre est invité à nommer un administrateur ad intérim, du diocèse, qui agrée aux gouvernements, et ce dans le délai de quinze jours.
5° Les cinq gouvernements diocésains entreront de suite en négociations en vue de la révision du concordat diocésain; et ils inviteront à prendre part aux conférences les gouvernements des cantons de Zurich, Bâle-Ville, Schaffouse, Tessin et Genève, pour ce qui concerne leurs ressortissants catholiques.
6° Les présentes décisions seront communiquées au Conseil fédéral à titre d’information et pour qu’il en avise le Saint-Siège par la voie diplomatique.
7° La conférence s’ajourne au 14 février prochain pour prendre connaissance des résolutions du Chapitre, et pour arrêter les mesures ultérieures.
Soleure y le 30 janvier 1873.
Quelque jours auparavant la Conférence avait adressé aux citoyens catholiques du diocèse de Bâle une proclamation, qui n’est qu’un long réquisitoire contre Mgr Lâchât, contre son caractère, ses actes, ses empiètements, son esprit jésuitique (!) et opposé au sentiment vraiment religieux et suisse de ses prédécesseurs.
Ce document se terminait ainsi :
„On dira sans doute que les mesures que nous avons prises à l’égard de l’évêque Lâchât sont dirigées contre l’Église et la religion catholique. N’ajoutez pas foi à cette assertion, citoyens, car on ne vous dit pas la vérité. Si nous avions voulu porter atteinte à la religion catholique, nous n’aurions pas fait preuve de tant de condescendance et nous ne provoquerions pas la révision de la convention diocésaine, ainsi que la nomination d’un administrateur provisoire par le sénat du chapitre.
Nous nous en remettons avec confiance au peuple catholique du diocèse de Bâle, à nos confédérés, au peuple catholique des autres cantons suisses et de l’étranger.
Nos populations catholiques resteront fidèles à l’ancienne croyance, quels que soient les dogmes qu’adoptent d’autres peuples.
Nous voulons néanmoins que la paix règne dans le diocèse, et nous désirons que cette paix soit sauvegardée dans notre chère patrie suisse par un évêque qui sache continuer les traditions des évêques Salzmann et Arnold. — Dieu bénisse et protège la patrie !“ Soleure , le 26 janvier 1873.
Dès le 4 février, Mgr Lâchât adressait aux gouvernements de Soleure, d’Argovie, de Bàle-Campagne, de Berne et de Thurgovie, cette protestation très calme et aussi très énergique:
Evêques de B die *