CHAPITRE XXX
congédier les domestiques de l’évêque défunt et à venir aussitôt à Bâle. Pour protéger et garantir la liberté de l’élection épiscopale, le chapitre requit la présence à Bâle comme grands vassaux de l’évêché, du comte de Thierstein Henri, comte palatin de l’évêque et seigneur de Pfeffingen, de Guillaume, seigneur de Ribeaupierre, Hoheneck et Geroldseck dans les Vosges, de Rodolphe de Blumeneck, bailli à Rôtheln, comme représentant du margrave, de Louis de Reinach, Hartung d’Andlau, Marx Reich, Henri Truchsess, Melchior ze Rhein, archidiacre de l’église de Bâle, et de Frédéric ze Rhein, frère de l’évêque défunt. Les voix des électeurs tombèrent sur le coadjuteur Christophe d’Utenheim : on ne-pou vait faire un meilleur choix. On envoya à Rome le prévôt de Rheinfelden, Henri Schonower, pour obtenir la confirmation de l’élection et l’acquit des annates (30 décembre 1503). Le nouveau prélat prêta serment au chapitre le 2 mai 1 503 et reçut la consécration dans sa cathédrale le 28 mai 1504. 1
Christophe d’Utenheim était un homme aussi distingué par sa science que par sa vie pieuse et austère. A Strasbourg, sa ville natale, il avait fait de brillantes études; reçu docteur en droit canon, il entra dans le chapitre de Saint-Thomas, de cette ville, puis dans celui de la cathédrale de Bâle. En 1473, il fut élevé à la charge si honorable de recteur de l’université où il se fit remarquer par des talents non légers; il fut également vicaire-général de l’ordre de Cluny pour l’Allemagne, administrateur du prieuré de Saint-Ulrich et du couvent de Salden dans le Brisgau, et coadjuteur de l’évêque de Bâle. Il remplit toutes ces fonctions délicates et difficiles, à la satisfaction de tous. Un contemporain, chapelain de la cathédrale à cette époque, nous a laissé de Christophe d’Utenheim un portrait qui mérite d’être rapporté: .,11 a le port et les allures d’un véritable prince. Il est d’une taille élégante et dans les diètes des princes, il dépasse tous ses collègues par sa stature, ses manières et sa tenue. Docteur en droit canonique, versé dans les lettres sacrées et profanes, il a une prédilection merveilleuse pour la science et les savants. 2 D’une humilité excessive, il ne veut pas porter de vêtements de soie. Il ne connaît ni l’oisiveté ni le faste ni les délices de ce monde: il passe son temps dans les méditations et l’étude. Doux, affable, accueillant pour tous, d’une grande sévérité de mœurs, il donne au clergé et au peuple l'exemple d’une vie sainte et
pure Les jours de fête, il chante d’ordinaire l’office divin : quand les forces
lui manquent, à cause de la vieillesse, il se fait conduire et soutenir à l’autel par les assistants." Nous ajouterons à ce tableau ce que rapporte le P. Voisard, dans son Histoire des évê.ques (p. 350), qu’étant chanoine de Bâle, Christophe d’Utenheim était tellement adonné à la vie contemplative qu’il forma avec deux de ses amis le projet de se retirer dans la solitude et d’y vivre comme les anachorètes du désert. Le célèbre prédicateur Jacques Wimphelingius de Schlestadt, qui était alors professeur de poésie et d’éloquence à Heidelberg, était un de ces amateurs de la vie solitaire. Tandis qu’il attendait à Strasbourg le chanoine de Bâle, rêvant au désert qui recevrait les nouveaux ermites, il apprit que son pieux ami était élevé sur le siège épiscopal laissé vacant par la mort de Gaspard ze Pihein.
1 Archives de l’ancien évêché de Bâle. = 2 „Is verum principem et habitu et corpore præ se ferebat. Fuit quidem elegantis stature et qui inter principes dum Comitia celebrabantur, versabatur, statura, moribus et habitu cæteros antecelluit. Ganonum doctor. humanis sacrisque litteris insignis . . . “
DrTh. von Liebenau. p. 3.
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^"Chri ftophorus dei gratia epffcopus Bafiliernuniuerfo deronoftro Salutem,
Onù'fîcale noftrum requirit officiu/ut uitae & morum Cotius de ) f J J vi noftri ad fuam ac populi nobis & eide fubiecffr' falutc/præci/ puam curam fi'ngularemcp reipedum habeamus:Quod in fetv da congregatione(quam fynodfi uocant)conuenientius fieri pofte uiV detur.Sicut eni'm olim ante Conftantini magni tempora/chriftianitas m diuerlâs hærefes fdlîa eft /propterea q> nô eratepiicopis in unu con/ tieniendi data Iibertas:fi'c & raultas uitiorum fpinas inter ecclefiafticos Dif. pvtif.c.
& popuîares crefcere timendu eft qn facerdotes ab epifcopis carteriTq; ^Zztfc monté prselatis fuis nô côuocâturjdu fynodi g epifcopos iuxta eoru officia no quidam eelebratundû côftitutiôes fy nodales nô patefiunt:du nulla fît ad uirto/ tes exhortaù'omulla uitxoru reprehenfi'o:nuïIû de populi uita & côuer/ fatiôe fcrutinifitnulla de ftatu &r diipofitiôe ecdefiaru &* benefîcioru di m'm'q; cultus înquilîtio. Quapropter utfâcilP & fcdicius(dno deo coo' perante)nobis iiceat priftinû ecdefi'aty noftræ diocefîs decus reftitue/ re:cleri honeftaté fouere:antiquas & pene oblitteratas côftitutiôes irt/ nouare:de uenerabiliû fratm/ecclelîæ noftræ /decani &capituli eôfilio ôr côfenfu/fynodu fanétam iamdudu uitio têporu interpolatam/ad dei laudemammaruq? falutë impriftiis celebrare/ftatutaqj fynodalia publô tare decreuimus» Ht ne fortaftïs quiTpiam declero noftro/excufationë âmodo quærat: conftitutionu fynodaliu a fe non obferuataru/ propter earumignorantiamaut ob/iuioné(Memoriaeniçnhominûlabilis eft) curauimus antiquis fynodalibus ftatutisynoua quædâ addere:ea fimul in unu congerere/in ordinemqj fequentem difteminaretut ex illis quif/ facerdotum ôd clericorum manifefte cognofcatquod fuu fi'tofficiu: quid ars artiu (animaru fcilicet cura) reqüirat: quid ad uitâ & hohefta/ të cleri pertineat:&:quæ ad conferuanda/tum temporalia/tum fpiritua lia ipfarum ecclefiarû bona conducere uideantur. Vos itacp uniuerfos & fingulos nobis fubie<ftosr(prædpue uero curatos)au<ftoritate noftra ordinaria in uirtute fanftæ obedientiæ i facerdotrj fufceptione præfti/ tæ/pie in dno l'efu exhortamur/& diftriéte reqitirim9: ut his noftris cô/ ftitûtionibus/deinceps pro fynodalibus utiîillas memoriæ cômenda/ re/in eifq; legendis uofi'pfos exercere/atq; omni ftudio tanquâ chriftia ni &honefh facerdotes obedientefqj filtj humiliter obferuare uelitis.
Quilibet cria ex decanis/in capitulis ruraîibus/illas confratrib9 fuis pu/ blicare/legere/cômum'care&interpretari/omni excufatione ceifante reUgioa beniuole ftudeat & benigne laboret.In hocfàctori eftis rem deo gratâ: [e’bcbmu fâuc! nobis iucûdâ/uobifipfi'shonorifica/â^ecclefijsbeneficîjfc^ueftrisfalu^ t>»e<m0Locoff(. tarem.Exemptos dem'q? aut exemptione fua abutentes/ad fine epifto læfan <fti bernardi quaaragefimæfecundæ/ paternæremittimus:quam Æ.obc. m. dédit ad archieptfcopü fenonenfemtcui9 principiu eft:Placuit præftâ/ ^.in.c.sra/
tix ueftræ.Datæ in duitate noftra Bafilienfi/quito Calendas octobres: q^.ffabbatc©’, Anni falutiferæ chrifti natiuitatis Millefimi quingentefimi tertij. Srcbidia.
Préface aux Statuts synodaux de Christophe d’Utenheim, e'vêque de Bâle, i5o3. Fac-similé d’après l’original de notre collection.