‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 566 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

„Nous évêques, dans ce jour solennel, nous renouvelons le serment de notre sacre. — Nous jurons union et fidélité au Pape infaillible, amour à Jésus-Christ; nous jurons de souffrir mille morts plutôt que de trahir nos serments sacrés. — Et vous, prêtres, renouvelez aussi les serments et les promesses de votre ordination, et jurez de demeurer fidèles à Jésus-Christ, quelles que soient les persécutions qui vous attendent. “

Tous les prêtres lèvent la main et répètent: „Nous le jurons. “

„Et vous, chrétiens, renouvelez les promesses de votre baptême, de votre première communion, de votre confirmation. Jurez de rester, à la vie et à la mort, enfants dévoués à notre sainte mère l’Eglise catholique, apostolique et romaine."

La foule répète: „Nous le jurons."

Et maintenant, prions Jésus-Christ, témoin de nos serments, de nous aider à les garder. Souvenons-nous de ce grand jour. — Regardons encore cet autel où l’agneau de Dieu est descendu et s’est immolé par amour pour nous, afin de savoir nous sacrifier pour lui. — Les évêques vont vous bénir. Que je vous recommande, en finissant, d’emporter de ce champ des martyrs des résolutions énergiques de conversion, de perfection, — surtout, surtout la foi et l’amour de Jésus-Christ; disons avec S. Paul: Ma vie, c’est Jésus-Christ , et mourir ce m’est un bonheur. Je ne veux plus vivre que pour Jésus-Christ. Qui me séparera de Jésus-Christ? Rien, non. rien ne pourra me séparer de lui, de son Eglise, du Pape, de mon évêque, de mon curé légitime, de ma foi.

Nous vous recommandons, chers catholiques, la prière, une prière humble et confiante pour l’Eglise, pour le prisonnier du Vatican, pour ceux qui luttent ardemment en faveur de Jésus-Christ, pour tous les prêtres, pour tous nos diocèses, pour le Jura, pour Genève et Soleure plus éprouvés que d’autres pays, prions pour notre chère patrie, prions pour les pauvres pécheurs, pour ceux qui se sont laissés séduire, pour ceux qui persécutent Jésus-Christ dans son vicaire, dans ses évêques, dans ses prêtres et dans ses disciples; disons avec Jésus-Christ: Pardonnez-leur, Seigneur , car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Par l’entremise des évêques, vous allez recevoir la bénédiction de Pie IX, qui vous envoie la bénédiction de Dieu. Que tous les courageux pèlerins de ce jour soient bénis avec tout ce qui leur est cher, pour le temps et pour l’éternité! Amen.

Le même jour Mgr Lâchât, adressait à un prêtre du Jura, et par le fait à tous les autres, une lettre tout apostolique dans laquelle il traçait le devoir de ceux qui ont charge d’âmes en temps de persécution.

Saint-Mau rire, te 22 septembre 1873.

Monsieur et cher Curé,

Je ne peux quitter ces lieux sanctifiés par le martyre des généreux et héroïques soldats de la Légion thébéenne, sans vous envoyer ces quelques lignes au moment où je viens d’apprendre que vous, et tous mes très chers collaborateurs, venez d’être frappés.

Ce coup était depuis longtemps prévu: des hommes passionnés excitaient, depuis de longues années, la haine contre les ministres du Seigneur et poussaient le gouvernement à prendre des mesures violentes contre nos prêtres et contre la population catholique elle-même. L'histoire flétrira les renégats qui ont attiré sur notre cher pays une si grande calamité. 11 y a quatre-vingts ans, les prêtres de l’évêché étaient poursuivis, mis à mort, et les fidèles subissaient le même sort. Aujourd’hui la persécution, moins cruelle en apparence, plus perfide en réalité, sévit de nouveau et porte la désolation dans toutes nos paroisses, où le culte catholique est aboli, et où des apostats et des intrus, sans pouvoirs et sans mission, seront, appelés à remplacer les prêtres fidèles et les curés légitimes.

L’Église, vous le savez, repousse ces prêtres parjures, ces nouveaux Judas, traîtres à la foi catholique, qui vendent leur Maître et font le trafic des âmes pour trente deniers, c’est-à-dire pour les revenus que rapportent l'apostasie et l’infidélité; ce sont ces loups revêtus de la peau de brebis qui s’insinuent dans la bergerie, non pour paître le troupeau, mais pour le dévorer. Ce sera votre honneur, Monsieur le curé, et la gloire

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