CHAPITRE XLII
cour de Rome, à l’égard du Tessin et pour une nomination possible de Mgr Lâchât comme administrateur apostolique de ce canton. Après de longues discussions, la conférence nomma des délégués qui devaient préparer une entente avec le Conseil fédéral. Ainsi, après avoir remué ciel et terre, et tenté de déposer l’évêque légitime, on était amené à accepter la solution que donnerait le Saint-Siège traitant avec le Conseil fédéral.
Tandis que s’agitaient pour résoudre ce que l’on appelait la question diocésaine quelques personnages réputés habiles, il y avait longtemps que le cœur généreux et l’esprit élevé de Mgr Lâchât avaient arrêté la solution. Dès le mois d’août 1 883, le prélat avait été au devant d’une décision donnée par le Saint-Père. Dans une lettre au Riv. Prévôt mitré du Chapitre de la collégiale de Lucerne, Mgr Tanner, le même sentiment est exprimé: «Déjà depuis longtemps, j’avais remis, comme vous le savez, mon sort entre les mains du Vicaire de Jésus Christ, ainsi que les intérêts de mon cher diocèse, ne voulant point assumer, en aucun sens, une responsabilité qui remplissait mon âme d'angoisses. Puisse ce dur sacrifice être utile à mes fils spirituels!" Les communications du cardinal secrétaire d’État sollicitent de sa part une pleine exposition des avantages et des difficultés. Il fait cette exposition, verbalement à Mgr Ferrata, par écrit au secrétaire du Saint-Père. Les considérations qu’il soumet au pape paraissent tellement graves que l’affaire à peu près conclue, dès le mois d’octobre 1883, n’aboutissait qu'au 1 sept. 1884 et se terminait par la Convention conclue à Renie dont voici le texte authentique :
„La situation anormale dans laquelle se trouve le diocèse de Bàle ayant réclamé l’attention du Saint-Siège et des cantons diocésains, le Conseil fédéral suisse, au nom des cantons de Lucerne, Z ou g, Soleure, Bâle-Campagne, Argovie et Thurgovie, et le Saint- Siège ont jugé nécessaire de pourvoir à l’administration régulière de ce diocèse. Ils ont nommé dans ce but pour leurs plénipotentiaires, savoir: le Conseil fédéral, M. A. O. Aepli, de Saint-Gall, son envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Vienne, et M. R. Peterelli, de Savognino, canton des Grisons, membre du Conseil des Etats suisse; le Saint-Siège, Mgr D. Ferrata, prélat de la maison de Sa Sainteté, sous-secrétaire des affaires ecclésiastiques extraordinaires, lesquels après s’être communiqué leurs pleins pouvoirs, trouvés en bonne et due forme, sont convenus, sauf la ratification de leurs hauts commettants, des articles suivants.
Article I. Aussitôt que Mgr Eugène Lâchât aura reçu du Saint-Siège une autre destination, on procédera à la nomination d’un successeur au siège épiscopal de Bàle.
Article IL En dérogation aux dispositions de la convention du 26 mars 1828, qui règle les rapports entre les parties contractantes, la nomination du successeur de Mgr Lâchât est dévolue au Saint-Siège, qui choisira pour cette dignité un ecclésiastique du diocèse de Bàle, agréé par le Conseil fédéral et possédant les qualités exigées par les canons de l’Église. Il est expressément entendu que cette dérogation ne créera pas un précédent contraire aux dispositions de la convention précitée.
Article III. Le nouvel évêque une fois installé, on procédera à la constitution du chapitre cathédral de Soleure et au réglement des questions financières qui pourraient surgir.
Article IV. Les ratifications de la présente convention seront échangées à Berne dans le délai de trois mois.
Fait à Berne, le 'premier septembre, mil huit cent quatre-vingt-quatre (1er septembre 1884).
Signé: A. O. AEPLI.
Signé: A. PETERELLI.
Signé: D. FERRATA.