‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 587 sur 612 · NÉGOTIATIONS OUVERTES AVEC LA COUR DE ROME · texte numérisé non relu

NÉGOTIATIONS OUVERTES AVEC LA COUR DE ROME

de catholiques et sépara des paroissiens orthodoxes l’élément schismatique, n’était qu’un expédient et ne saurait passer en loi. Il est facile de prévoir le cas où l’autorité diocésaine se trouvera dans la nécessité d’entrer en conflit avec cette loi des cultes, qui est en complète opposition avec les tendances d’apaisement manifestées de toutes parts. — Il nous reste à raconter le plus brièvement possible la dernière phase de la lutte engagée dans le diocèse de Bàle et qui se termina par la translation de Mgr Lâchât, à l’administration spirituelle du Tessin.

Un décret du Conseil fédéral du 22 juillet 1859 avait interdit sur le territoire suisse tout acte de juridiction d’un évêque étranger. Par le fait tout le canton du Tessin et quelque partie du canton des Grisons, étaient soustraits au ministère pastoral des évêques de Corne et de Milan. Il y avait 25 ans que le peuple catholique du Tessin souffrait de cet état de choses, mais ses réclamations avaient été vaines. En 1875, une majorité conservatrice fut envoyée au Grand Conseil et en 1877 le gouvernement lui-même vint aux mains des conservateurs. C’était, la volonté formelle du clergé et du peuple de n’être point réunis à un diocèse suisse préexistant, mais d’avoir dans le Tessin une autorité ecclésiastique distincte. C’est pour cette fin que plusieurs hommes d’Etat tessinois, avec l’agrément du Conseil fédéral, avaient entamé des négociations avec Rome, et qu’à Rome on avait accueilli la pensée de nommer un administrateur apostolique du Tessin. Il arriva donc que, dans le courant de l’année 1883, le Conseil fédéral se trouva appelé à tendre la main aux cinq cantons séparés de l’évêque de Bâle, afin d’établir un modiïs vivendi, et aussi à prêter son concours aux catholiques du Tessin pour obtenir une administration épiscopale. Au point de vue de sa politique, le Conseil fédéral trouva bon d’unir ces deux questions et de les résoudre l’une par l’autre.

Le 6 novembre 1883, le Conseil fédéral s’adressa donc aux divers gouvernements des Etats du diocèse de Bàle pour les informer des négociations ouvertes à Rome par les hommes d’Etat du Tessin, négociations dans lesquelles était comprise la personne de Mgr Lâchât. Celui-ci aurait à renoncer à son titre d’évêque de Bàle; son successeur serait nommé, pour cette fois, en dehors des stipulations du concordat; le Saint-Siège serait, très satisfait, d’utiliser au Tessin le zèle et la longue expérience de Mgr Lâchât. La missive du Conseil fédéral ajoutait:

„Une conférence préalable entre des délégués, tant, du Conseil fédéral que des États intéressés, faciliterait l’échange des vues, et amènerait une entente sur les démarches à faire. “ - — Dans sa réponse du 19 novembre, le gouvernement de Berne manifesta une extrême mauvaise humeur. Il dit que les affaires religieuses du Tessin ne le touchaient pas, et qu’il ne pourrait prendre part à des négociations ayant pour objet la résignation de M. Lâchât; pour ces motifs, il ne se ferait pas représenter à la conférence.

Soleure tint un tout autre langage. On s’empressa d’y réunir la conférence diocésaine, à laquelle Berne envoya pourtant son représentant. Pour faire droit aux pétitions du synode catholique, il devait demander le rétablissement de la hiérarchie épiscopale dans le canton. La conférence s’ouvrit le 12 mars 1884, en présence des délégués de tous les États diocésains. Le président exprima le vœu de voir un délégué du Conseil fédéral expliquer à la conférence l’état des négociations. M. AVelti fut introduit, quelques heures après, et donna communication du contenu d’une note du cardinal Jacobini, secrétaire d’État du Saint-Père, qui résumait, ainsi que nous l’avons dit plus haut, les dispositions favorables de la

Evêques de Bâle * 40

Page 1