‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 59 sur 612 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

de lui donner le bon exemple afin de mériter le nom de pasteur et non de mercenaire. Nous rappelons tout notre clergé à la crainte de Dieu, à la religion, à la modestie, à la gravité dans le langage, à l’aumône

«Pensez à ce que nous sommes, pour quel maître nous combattons; il sait tout, il nous a élevés au-dessus du peuple, il nous donne l’abondance de la nourriture; nous lui devons un exact compte de notre vie. Soyons pénétrés de la dignité de notre état, remplis de l’amour de Dieu qui nous a revêtus d’une si grande autorité, pour consacrer, lier et délier. Que l’horreur du scandale nous pénètre ; ne scandalisons pas le peuple et n’allons pas par la légèreté et le laisser aller de notre vie le pousser au péché. Le peuple fait bien vite le mal dont le prêtre lui donne

l’exemple. C’est ainsi qu’il excuse son orgueil, son avarice, sa luxure Gardons-

nous de scandaliser les petits, les simples, les ignorants par l'exemple d’une mauvaise vie. Craignons de nous voir appliquer cette dure sentence : «Pour vous, vous vous êtes écartés du chemin, vous avez transgressé la loi ; c’est pourquoi je vous ai livrés au mépris de tous les peuples. “ Aussi est-ce pour cela que les laïques sont presque partout ennemis des clercs et rien d’étonnant si de plus en plus exaspérés contre nous, ils ne s’efforcent de nous poursuivre, sinon de nous exterminer. Craignons les châtiments dont le Christ nous menace. Il aime mieux nous sauver que nous damner. . . . Pour nous, imitant son exemple, nous aimons mieux vous aimer, faire votre éloge, vous trouver sans reproches à cause de l’honnêteté et de l'innocence de votre vie que d’être obligé par le devoir de notre charge, de vous infliger des peines pour punir la malice de vos excès et des actes d’une légèreté intolérable.

«Détestez donc les excès, les désordres, le vice et le péché, par amour pour la vertu et par crainte du châtiment. Nous n’avons aucune satisfaction à infliger des peines: nous ne désirons ni votre substance, ni votre argent, mais nous désirons de tout notre cœur le salut de vos âmes et de tous nos sujets. Nous avons la confiance que nos avertissements et nos exhortations dans ce saint synode, serviront à améliorer l’état de notre diocèse et à délivrer la maison de Dieu de ses immondices, des vices et de toute erreur.

«L’antique discipline de l’Église ordonnait la tenue des synodes deux fois par

an On les a négligés ; aussi les maux qui désolent l’Église n’ont fait que

croître de jour en jour et ont fini par passer en coutumes tolérées.

„ C’est pourquoi, Pères très dignes et frères très aimés, si nous renonçons résolument à toutes les coutumes abusives el aux rites pernicieux, contraires à la religion catholique et à l'honnêteté cléricale, qui se sont introduits par le défaut des synodes ou peut-être par la négligence et l’incurie des supérieurs ou par quelque autre cause, nous arriverons bien vite et facilement au salut que nous désirons vous procurer à tous. Car quand on renonce au mal et au vice, aussitôt la vertu prend sa place ; et c’est elle seule qui conduit à la vie éternelle. Daigne l’Esprit Paraclet, l’unique auteur et recteur de notre synode, avec le Père et le Fils, l'accorder à chacun de nous: Lui qui étant Dieu, vit et règne dans les siècles des siècles. — Diximus. “

Un prêtre qui se signe le plus petit du clergé, a consigné l’impression produite sur l’assemblée par le discours de l’évêque. «Le Réverendissime Christophe d’Utenheim a fait cette exhortation avec tant de modestie, de sincérité, de tendresse, que tout prêtre, pour peu qu’il ait encore une étincelle de la crainte de Dieu dans

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