‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 590 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

laboris. La Société de S. Thomas d’Aquin, fondée à Lucerne par le prélat, montra l’étonnant développement qu’avaient pris sous son impulsion les études sérieuses. Pourrions-nous omettre le magnifique diplôme de bourgeoisie, offert par la commune d’Altishofen, avec fondation d’un service religieux commémoratif du séjour de Mgr Lâchât ? Jamais les prêtres du diocèse n’oublieront la belle Lettre pastorale , du 18 février 1884, sur les devoirs des ecclésiastiques. Nommons enfin le dernieracte important de Mgr Lâchât, au diocèse de Bâle, le procès de béatification de Jean Pierre Blanchard, curé de Soyhières, né le 7 décembre 1762 et mort en odeur de sainteté le 21 novembre 1824, dont les actes sont présentement déposés à la Congrégation des Bites, pour y être examinés.

Le moment était venu où le Saint-Père, par un acte de son plein pouvoir apostolique, allait délier l’évêque de Bâle de son attache spirituelle à l’antique siège des princes-évêques, pour l’envoyer dans le Tessin, avec la mission de préparer la fondation d’un nouveau diocèse. Voici la lettre que le pape Léon XIII adressa à Mgr Lâchât, à la date du 18 décembre 1884.

Bref apostolique, du 18 décembre 1884, adressé par Sa Sainteté le Pape Léon XIII, à Mgr Lâchât, Évêque de Bâle.

Vénérable Frère, Salut et Bénédiction Apostolique.

En lisant la lettre que vous Nous avez adressée, Nous y avons constaté avec une grande satisfaction les très nobles sentiments de votre obéissance et de votre affection dévouée envers Nous et ce Siège apostolique, car on y voit se manifester avec éclat votre caractère sacerdotal et en même temps le zèle particulier qui vous embrase, en ne tenant compte que de l'intérêt de la religion et du bien spirituel de vos fidèles. Vous étiez, en effet, Vénérable Frère, pressé par un ardent désir de travailler à restaurer, autant qu'il est en vous, la paix religieuse dans votre diocèse ; et élevant votre esprit à ces pensées qui dépassent les points de vue des choses humaines, pour vous attacher aux desseins de ce Siège apostolique, vous avez préféré, selon la coutume et l’exemple d’un grand nombre de prélats illustres de l’Eglise, vous démettre de l'administration de votre Siège de Bâle, plutôt que de souffrir qu’il s’y prolonge une situation qui vous causait de la peine et qui n’apportait pas un moindre sujet d’affliction à tous les gens de bien. Cette marque éclatante de votre vertu sacerdotale ne Nous a nullement étonné, car depuis nombre d’années, Nous avons pu connaître et observer à fond les remarquables qualités de votre caractère et les œuvres salutaires que vous avez accomplies, dans le but de pourvoir à l'utilité du troupeau qui vous est confié.

Voilà pourquoi, Vénérable Frère, tandis que, d’un côté, Nous acceptons votre démission de ce Siège de Bâle, et que Nous la ratifions, en considérant uniquement Notre espérance de voir les bienfaits de la paix rendus à cette portion de la vigne du Seigneur; d’un autre côté, comme Nous ne pouvons supporter sans peine que l’Église catholique, dans ce pays de la Suisse, soit privée de l’utilité de vos services, Nous avons pensé devoir vous confier une charge qui a, à Nos yeux, une grave importance, en employant votre zèle à gouverner les fidèles du canton du Tessin, avec le titre et la juridiction d’un Administrateur apostolique. Dans ce nouveau champ qui est ouvert à votre sainte activité, vous trouverez des fils obéissant à vos ordres avec une piété peu commune; vous trouverez des moissons prêtes à lever de pieuses institutions, à l’entretien et au développement desquelles il faut que s’ajoute la sollicitude éclairée et active d’un premier pasteur, distingué par sa doctrine et son expérience, et doué de ces qualités précieuses dont vous avez été orné, Nous le savons, par un présent de Dieu. Ainsi, il vous sera donné d’employer noblement et fructueusement, pour l’Église et pour votre illustre patrie, votre activité, comme vous l’avez fait jusqu’ici.

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