‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 63 sur 612 · STATUTS DE CHRISTOPHE D’UTENHEIM · texte numérisé non relu

STATUTS DE CHRISTOPHE D’UTENHEIM

Chapitre 15. De la vie, de l'honnêteté et du costume des clercs. — 1° On doit regarder comme très méprisable celui qui, établi en dignité, ne se distingue ni par la science ni par la sainteté. Que les clercs qui sont tous les serviteurs du Christ, s’efforcent de surpasser en science, en bonnes œuvres, en vertus, en bonnes mœurs, les laïques qu'ils précèdent par l’éminence de leur profession. Qu’ils leur montrent par leur exemple, comment les laïques doivent se comporter à l’église qui est la maison de Dieu.

2° C’est une chose inique de voir, à l’heure des offices, des chanoines et d’autres clercs ayant charge de célébrer le service divin par les psaumes, les hymnes el les cantiques, se livrer à des entretiens qui troublent le culte. Nous les exhortons à faire leur office avec pureté de conscience et dévotion; sans s’arrêter pour se livrer à des colloques inutiles. — Défense de se promener dans l’église durant les offices, comme cela arrive souvent dans les églises collégiales; d’aller à la même heure en surplis au marché pour y acheter des œufs, du fromage ou autre chose.

Les clercs doivent en public et à l’église porter des vêtements longs, comme il convient à leur état, qui ne soient ni en soie, ni rouges ni verts ou de différentes couleurs, ni avec des revers de fourrures, ni ouverts par devant, ni plissés, comme c’est maintenant la coutume, avec une large ceinture. Les manches ne doivent pas être trop larges. Us ne doivent pas porter d’annes, des épées, des poignards ou de longs couteaux.

Nous n'entendons pas comprendre dans cette défense les chanoines de notre cathédrale, les docteurs, les licenciés, pourvu qu'ils portent des vêtements d’une longueur convenable et conformes à leur position. —

Défense aux clercs de porter des manteaux ouverts et fendus par devant, et fermés de toutes parts, serrés au cou par une grande ceinture, ou bien fermés d’un côté et ouverts de l’autre depuis l'épaule jusqu'en bas. —

Les clercs ne doivent pas porter des mantelets dont les manches couvrent à peine les bras jusqu’au coude. Les collets doivent être assez élevés pour couvrir le cou devant et derrière; à ces collets il ne doit pas se trouver des boucles d'argent ou d’autre métal. Les capuces des prêtres ne doivent être ni en soie ni en laine, mais décents avec une queue convenable. Défense aux clercs de porter en public des barrettes à cornes comme les laïques, mais qu'ils se servent de celles qui ont été en usage jusqu’à présent pour les clercs. Dans les églises où c’est l'usage, les clercs doivent porter l'aumusse. Durant les offices, on ne doit pas tenir de chapitre, si ce n’est en cas de nécessité.

Les clercs doivent assister en surplis aux offices divins. — Défense aux clercs de porter des anneaux à leurs doigts, à moins qu'ils ne soient en dignité. — Ils doivent avoir des souliers honnêtes et décents, sans bec recourbé, sans être trop aplatis, couvrant non pas seulement les doigts du pied, mais le pied tout entier. - Défense aux clercs de jouer aux dès, aux cartes dans les auberges. — Il y a des clercs qui portent les cheveux trop longs et y appliquent des couleurs et des frisures; ordre à tous de porter les cheveux courts et avec la tonsure faite en temps convenable, et la barbe rasée. — Les clercs ne doivent pas avoir les jambes nues pour célébrer et demeurer dans les villes; ils doivent porter des bas et se couvrir

Evêques de Bâle * 5

Sceau de l’évêque Christophe d’Utenheim.

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