L’ALLIANCE DES SUISSES AVEC LES BALOIS
donnant à cette plateforme des assises plus solides. On y planta des tilleuls qui répandirent une ombre délicieuse sur les promeneurs, avides de jouir d’une vue incomparable. Un poëte, Henri Œareanus, célébra ces travaux achevés en 1512. 1 Dans cet effondrement du sol qui protégeait sa cathédrale, Christophe d’Utenheim put voir un présage des ruines qui allaient marquer les dernières années de son épiscopat. Les Bâlois, formant un canton suisse, se crurent autorisés à secouer peu à peu l’autorité que l’évêque exerçait encore sur leur ville, comme prince temporel. Le temps avait amoindi cette autorité et il n’en restait que des débris. C’était encore trop pour les Bâlois qui préludaient ainsi à la révolution religieuse et à ta révolte contre l’autorité de l’Église à laquelle ils allaient se soustraire.
En 1515, le conseil de Bàle décida que tous les officiers et employés de la cour épiscopale devaient être assimilés aux autres habitants de la ville et s’obliger par serment à supporter les charges communes, à faire la garde, et même à porter les armes en cas de guerre; en cas de refus, on devait leur interdire tout achat, toute vente, et même les vivres nécessaires à la nourriture. L’évêque de Bàle essaya d un accord avec le conseil de la ville; il y eut de longs pourparlers; les Bâlois persistèrent dans leur décision; si les officiers de la cour s’y refusaient, ils devaient quitter la ville. Tandis que l’affaire se traitait entre le conseil et l’évêque, les employés de la cour épiscopale, à l'insu du prélat, prêtèrent au sénat de Bàle
1 \ oici les vers qui furent placés sur un arbre de la plateforme :
Julius Ecclesiæ dum præfuit ecce secundus,
Dum sceptra Imperii Maximilianus habet,
Hoc opus excisum, quo Rhenum cernere amœnum, Quo nemora et campos, mouticulosque potes, Quo gemmas turres et mœnia conspicis urbis, Concentus audis dulcisonosque modos.
Anno Domini MDXIT.