‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 75 sur 612 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

le serment demandé; l’organiste de la cathédrale, le sonneur, en firent autant: c’était reconnaître l’autorité suprême de la ville au mépris de celle de l’évêque, jusqu’alors seigneur et maître, ayant seul le droit de nommer les bourgmestres et les membres du conseil de Bâle. Chaque année, le dimanche avant la S. Jean Baptiste, on ornait de tapisseries une plateforme qui se trouvait attenante à la cathédrale. Là l’évêque en ornements pontificaux, entouré des dignitaires du clergé, faisait lire au peuple réuni par les crieurs publics les droits qui appartenaient à l’évêché; on proclamait en même temps les nouveaux magistrats que l’évêque donnait à la ville. 1 Christophe d’Utenheim dut subir en silence cette grave atteinte portée à son autorité. Il était impuissant à revendiquer les droits séculaires qu’on lui arrachait. L’alliance des Suisses augmentait l’audace des Bàlois. Cette alliance fut renouvelée solennellement à Bâle, le 4 juillet 1520, avant la prestation du serment qui eut lieu au marché au blé devant le prétoire ; les envoyés des cantons et le magistrat de Bâle se réunirent à la cathédrale décorée pour la circonstance. La table d’or et toutes les reliques ornaient l’autel majeur. On chanta d’abord la messe de la Ste Vierge, puis celle du Saint-Esprit. On se servit pour cette fonction de l’ornement en soie du duc d’Autriche. La messe fut chantée en musique et tout se fit avec une grande pompe. 11 y eut un grand repas auquel officiants et chantres furent invités. 2

Le chapelain Jerôme Brilinger qui relate cet événement dans son cérémonial de la cathédrale, mentionne en ces termes le service funèbre qui y fut célébré â l’occasion de la mort de l’empereur Maximilien : „ Après un long règne, l'empereur Maximilien souffrant de la dyssenterie, et sentant sa mort prochaine, se fit apporter le cercueil de plomb qui l’accompagnait partout depuis six ans; et après avoir consolé ses confesseurs et ses courtisans qui fondaient en larmes, il leur fit ses adieux, puis plein d’espérance, assuré de jouir de la gloire éternelle, il fit la mort la plus chrétienne. Voulant donner à tous un exemple d’humilité, il voulut être enterré dans un pauvre sac, le 12 janvier 1519. On célébra un service funèbre pour l’empereur défunt â la cathédrale de Bâle, le 16 février suivant. Le maîtreautel était couvert de draperies de soie noire; au milieu du chœur se dressait un catafalque orné de draps d’or qui tombaient jusqu’à terre. Devant et derrière, on voyait les armes de l’empire et de l’empereur. Aux quatre coins du catafalque, se dressaient quatre grands candélabres de métal doré, chargés de cierges allumés. Aux deux côtés du monument, se tenaient trois enfants des écoles tenant des torches ardentes. Après le chant de Prime et de Tierce et la messe du jour, la cloche du pape se fit entendre longuement. Aussitôt tout le clergé, les enfants des écoles et les paroissiens accoururent à la cathédrale; le sénat de Bâle et les premiers de la ville en habits de deuil, étaient aussi présents. Toutes les cloches se firent entendre, puis la messe commença sur le ton le plus lugubre. L’évêque de Bâle, Christophe d’Utenheim, célébrait l’office, soutenu à l’autel, à cause de son âge et de ses infirmités, par deux chapelains: spectacle bien capable d’arracher des larmes à l’assistance. “ 3

L’évêque de Bâle avait alors soixante-dix ans. Un coadjuteur lui était devenu nécessaire. Les chanoines de la cathédrale, avec l’assentiment du Saint-Siège et

1 Urst., Epit. hist. Basil., p. 108. ■= 2 Cereinoniale Basil, episcop. —

p. 516. = 3 Ibid., p. 651.

Trouillat et Vautrey, t. V,

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