CHAPITRE XXX
dignité. La cérémonie eut lieu dans le chœur de la cathédrale, le dimanche dans l’octave de la Fête-Dieu. L’évêque de Bâle était assisté par son suffragant Telamonius Limperger, évêque de Tripoli, et par N. Wigram, suffragant de Strasbourg. 1
Ce fut une des dernières grandes fonctions que Christophe d’Utenheim remplit dans sa cathédrale. Les choses allaient de mal en pis dans l’évêché. Les Bâlois, forts de deux cents hommes, s’étaient emparés, pendant la nuit, du château de Pfeffmgen qui appartenait à l’évêché, ensuite du rachat fait du comte Henri de Thierstein, par Christophe d’Utenheim qui s’engagea à payer dix-sept mille florins d’or dus aux Soleurois par ce comte (1520). 2 L’année suivante, ils nommèrent eux-mêmes leurs magistrats, dans le palais de Saint-Pierre, à l’insu de l’évêque. 3
Un instant Christophe d’Utenheim avait cru réparer les pertes qu’il venait de faire, en prenant possession du comté de Thierstein que l’empereur Maximilien lui avait adjugé à titre de fief après la mort du comte Henri de Thierstein, décédé sans héritier habile à lui succéder dans ses fiefs (1518). Charles Y avait en outre autorisé l’évêque de Bâle et ses successeurs à joindre à leurs armes et à celles de l’évêché les armes des comtes de Thierstein dont la famille était éteinte et de prendre dans les actes et dans les écrits le titre de comte de Thierstein (1521). 4 Mais les Soleurois, après la mort du comte, occultèrent aussitôt le comté de Thierstein, prétendant qu’il était leur comhourgeois et qu'ils étaient ses légitimes successeurs; quant à l’évêque, il ne pouvait rien faire contre eux, car ils ne voulaient pas être sujets de la chambre impériale. 5 Christophe d’Utenheim dut céder à la force et renoncer au comté de Thierstein qui n’a plus cessé d’appartenir au canton de Soleure.
Un autre désastre vint à la même époque augmenter les tristesses de l’évêque de Bâle. Sa ville de Porrentruy fut presque anéantie par un vaste incendie qui se déclara le 8 octobre 1520 et dévora plus de cent maisons à la fois. Le feu se déclara dans la rue des Malvoisins. Propagé par le chaume et les bardeaux des toits qui couvraient la plupart des maisons, alimenté par les fourrages dont les granges, si nombreuses alors dans la ville, étaient abondamment fournies, le terrible élément s’étendit avec une rapidité incroyable sur tout ce quartier qu’il réduisit en cendres. A cette époque les engins en usage de nos jours contre les incendies n’existaient pas: l’eau, portée à bras, était impuissante devant les ravages
Armoiries de Diesbach.
1 Cereirt. eccl. Basil. = 3 Mémoire adressé à la diète de l’empire, aux archives de l’ancien évêché
de Bàle. = 3 Dr Th. von Liebenau. p. 10. = 4 Archives de l’ancien évêché de Bàle. — 5 Mémoire à
la diète d’empire. — Aux archives de l’ancien évêché de Bàle. Ce mémoire qui s’arrête à 1558 fut
dressé par la chancellerie épiscopale pour être porté à la diète d’empire et lui faire connaître l’état
misérable de l’évêché de Bàle.