‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 79 sur 612 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Christophe d’Utenheim dut reprendre le fardeau dont il s’était déchargé sur son coadjuteur. Les difficultés se multipliaient autour de lui. Bâle commençait à s’agiter au bruit des idées de réforme qui remuaient l’Allemagne. Le curé de Saint-Alban, Guillaume Piôblin de R.otenbourg sur le Necker, se déchaîna publiquement et librement dans son église contre le saint sacrifice de la messe, le Purgatoire, l’invocation des Saints, etc. C’était en 1521. Le clergé porta ses plaintes à l’évêque; mais le peuple soutenait le curé et l’applaudissait; l’évêque n’osa rien faire contre lui, mais il pria le sénat de Bàle de l’autoriser à faire arrêter ce prêtre qui prêchait contre la doctrine de l'Église. Quinze jours après, le conseil assemblé lit paraître devant lui le curé de Saint-Alban et lui ordonna de quitter la ville le même jour.* 1

L’année suivante, Œcolampade vint à Bàle. Quoique né en Franconie (1482), il était d’origine bâloise. Son véritable nom était Hausschein qui signifie lumière domestique. Il le changea, suivant la coutume des savants de ce temps-là, pour celui d'Œcolampade, qui a la même signification en grec. Prêtre et prédicateur, il vint à Bâle en 1515, pour remplir les fonctions d’ecclésiaste à la cathédrale; il y obtint le titre de docteur en théologie ; puis il se retira dans l’abbaye d’Alton- Munster près d’Augsbourg où il fit profession. Mais le goût qu’il avait contracté pour les nouvelles opinions ne lui permit pas d’y prolonger beaucoup son séjour. Au sortir du cloître, il se rendit au château d’Ebernbourg dans le Palatinat où il passa deux ans et y traduisit en latin quelques ouvrages de S. Jean Chrysostome. En 1522 il vint se fixer à Bàle où il fut accueilli par André Cratander. Le curé de Saint-Martin, Martin Zancher, étant maladif, céda sa charge, avec le consentement des patrons de l’église, à Œcolampade, qui attaqua ouvertement dans ses sermons le culte et les dogmes de la foi catholique. Ces attaques virulentes contribuèrent beaucoup à faire triompher la réforme à Bàle. 2 Bientôt d’autres prédicateurs se firent entendre dans d’autres églises de la ville. Wolfgang Wissembourg, un docteur célèbre de Bàle, prêcha l’hérésie d’abord à l’hôpital en 1524, puis dans le Petit-Bàle, enfin dans l’église de Saint-Pierre. 3 En même temps, Jean Lütbart de Lucerne des Frères Mineurs Cordeliers et Thomas Geirfalk des Augustins en firent autant dans leurs églises. Guillaume Farel, le fougueux novateur, parut aussi à Bàle à cette époque. Il annonça qu’il soutiendrait publiquement treize propositions qui renfermaient son venin hérétique. Le vicaire général, Henri de Schœnau, qui était en même temps recteur de l’université, défendit aux prêtres et aux étudiants de Bâle d’assister à cette conférence. Mais le conseil de la ville ordonna à tous, prêtres ou écoliers, de s'y rendre. La conférence eut lieu le 15 février 1524. 4 Le peuple s’y porta en foule. Les défections se multipliaient dans le clergé régulier et séculier. Le gardien des Cordeliers de Bàle, Conrad Pélican de Bouffa ch, jeta le froc aux orties et embrassa la réforme. C’était un

sæculi. Hic «juiescit R. et Nob. D. Nicolaus de Diesbach, Bernensis, Prioratuum Vallisclusæ et Grandissoni commendatarius ; qui ob ingruentem in ecclesia Lutheranorum persecutionem, coadjutoriæ episcopalus Basiliensis cessit et Decanatum ac canonicatura Basiieensis. necnon Præposituram Solodorensis Ecclesiarum, Lausannensis diœcesis, aliaque ecclesiastica quæ obtinebat, reliquit et Bisuntii degens, hoc sacellum restaura vit, in quo missnin canon ialem quotidie celebrandam fundavit. Qui obiit die 15. mensis j un ii anno D. 1550 ætatis suæ 72. Orate pro eo.

1 Sudan, Basilea sacra, p. 361. — P. Voisard, Hist. des évêques de Bàle, p. 352. — Wurstisen,

Ghron. Basil., 1. VII. c. II. = 2 Biographie universelle, t. XXXI. p. 510. — Urst., Epit. hist. Basil., p. 88

et 89. = s Ayant perdu la voix, il mourut octogénaire le 9 mars 1575. Urst., Epit., p. 166. = 4 P. Voisard.

Hist. des évêques de Bàle, p. 353.

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