‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 81 sur 612 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

points controversés devaient être discutés. La réunion eut lieu le 21 mai 1526. L’évêque de Bâle y envoya un député; comme aussi les évêques de Constance, de Lausanne et de Coire.

Les présidents de l'assemblée furent l’abbé d’Engelberg, Barnabé Bürki, Louis Bâer, curé de Saint-Pierre de Bâle, le chevalier Jean Honecker, bourgmestre de Bremgarten, et le chevalier Jacques Stapffer de Saint-Gall. Parmi les personnages présents, on remarquait Jean Eckius, professeur à l'université d’Ingolstat, Jean Faber, conseiller de l’archiduc Ferdinand d'Autriche, Thomas Murner, lecteur des Franciscains de Lucerne. Œcolampade ouvrit les débats par un discours solennel qui trahissait le réformateur. Du reste, à l’église de Saint-Martin de Bâle, il faisait déjà chanter les psaumes en allemand.

Après plusieurs jours de discussion, la majorité se rangea du côté d’Eckius qui soutenait la vérité catholique. Œcolampade eut quelques voix; les autres demandèrent de plus amples éclaircissements. Le curé de Saint-Pierre de Bâle,

Louis Bâer, Augustin Marius, le suffragant de Bâle, prédicateur de la cathédrale, se prononcèrent ouvertement pour Eckius et défendirent courageusement l'Église attaquée. Neuf cantons, Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwalden, Zoug, Glaris, Fribourg, Soleure et Appenzell décidèrent de garder la vieille foi de leurs pères. 1

Mais Bâle désertait résolument la vérité catholique. Œcolampade était revenu de Baden plus résolu à rompre entièrement avec l'Église dont la discipline était une charge à ses aspirations trop mondaines. Il continua ses sermons agressifs et entraîna dans l’hérésie un peuple trop disposé déjà à la révolte. Enfin le réformateur se maria (1528) ; il épousa une veuve, nommée Willebrandis Rosenblatt, dont il eut trois enfants;2 c’était le dernier mot de sa rupture avec l’Église. Érasme était alors à Bâle. Christophe d’Utenheim, appréciant la science de l’illustre écrivain, l’avait, invité à prendre demeure dans sa ville épiscopale. „ Allons, mon cher Érasme, lui écrivait-il le 13 juillet 1517, si le ciel de Bâle a pour vous plus d’attraits que les autres, revenez à Bâle ; nous habiterons le même toit ; l'évêque et tout ce qu’il possède seront à vous." 8

Érasme s’était fixé à Bâle en 1521, afin d’être plus à portée de surveiller l’impression de ses ouvrages, qui se faisait chez Froben, son ami. Déjà en 1516, il avait publié àBàle sa première édition du Nouveau Testament en grec. Quoique penchant pour la réforme, Érasme, ami de la paix, ne put approuver les emportements des réformateurs. Il n’aimait pas, disait-il, même la vérité séditieuse et ne croyait pas qu’il fallût parvenir par les troubles et les émeutes à la réformation de l’Église. Quand Œcolampade se maria, Érasme, son ancien ami, qui se plaignait de ne plus trouver en lui la même candeur depuis qu'il était devenu homme

Le réformateur Pélican,

d’après une vieille gravure.

1 Sudan, Basilea sacra. — P. Voisard, p. 355. = 2 Après 1a. mort d’Œcolampade, sa veuve devint

successivement la femme de Capito et de Bucer. = 3 * „ Age, mi Erasme, si Basileense tibi cœlum plus

aliis arridet, suh eodem habitemus tecto, Basileam répétas, nos et omnia nostra tua erunt. Ex civitate

nostra Basileensi décima tertia Julii anno Ch. 1517.' Epist. Erasmi.

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