‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 87 sur 612 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

qu’elle produisait allait croissant chaque jour. Le scandale s’étendait avec les défections et les apostasies. On vit, en 1 537, les chanoines réguliers de Saint- Léonard suivre l’exemple de la maison principale de leur ordre, Wiedesheim dans les Pays-Bas, qui s’était sécularisée et avait passé à la réforme. A Bâle, le prieur du couvent, Luc Rollenbut de Zurich, Conrad Robarius, le sous-prieur, et tous les religieux de Saint- Alban, livrèrent leur maison avec tous ses droits et revenus, par forme de donation entre vifs, au conseil de Bâle qui leur accorda en retour le droit de bourgeoisie et leur assigna une pension alimentaire. 1

D’autres religieux suivirent cet exemple. Le 27 octobre de la même année, les autorités de Bâle proclamèrent la liberté de conscience. 2 En même temps, Berne réunit un conciliabule, malgré la défense de l’empereur. Les évêques de Bâle, de Constance et de Lausanne furent invités à y envoyer des représentants. Ils s’abstinrent de toute participation à cette assemblée qui était l’œuvre des réformateurs. La réunion s’ouvrit le 6 janvier 1528. Zurich y envoya Zwingle, Bâle Œcolampade, Strasbourg Wolfgang Capito et Martin Buccer, Constance Ambroise Blaser, etc. Les discussions durèrent vingt jours et aboutirent à la suppression de la messe par les Bernois. Bâle suivit ce mouvement. Déjà depuis 1527, la messe et le culte catholique avaient été supprimés dans les églises des prédicants ; on avait introduit le chant allemand des psaumes, dans lesquels Œcolampade intercalait des injures contre l’Église catholique. Depuis plus longtemps encore on avait mis de côté les processions, les bénédictions de toute nature. Le réformateur avait rédigé une nouvelle liturgie pour sa nouvelle Église. On ferma les couvents; on confisqua leurs biens; on installa dans les chaires de l'université des hommes nouveaux. Les prédicants avaient les mains libres ; ils faisaient ce qu’ils voulaient. Il ne restait plus qu’à défendre aux catholiques de pratiquer leur culte et à les obliger de choisir entre la nouvelle religion et la perte de leurs droits de bourgeoisie. Dans le fait, Œcolampade ne cessait de réclamer auprès du conseil la domination exclusive de V évangile et l’abolition de la messe papiste. „ Quiconque ne fréquente pas la cène, mérite, disait-il, d’être banni." Ne gardant désormais ni mesure, ni retenue, il traînait dans la boue, devant le conseil. l’Église, ses cérémonies et ses usages, le Pape, les évêques et les prêtres, les moines et les couvents et en appelait au concours de l’autorité civile pour établir le règne de l’évangile. Il excita si bien les iconoclastes de Bàle que le vendredi saint (10 avril) et le lundi de Pâques (13 avril) 1428, ils détruisirent partout les images. Il obtint la liberté de ceux que ces désordres avaient fait jeter en prison. Sur ses instigations, trois cents sectaires de Bâle demandèrent, le 23 décembre de la même année, par une supplique adressée au conseil, la suppression de la messe. Les catholiques du Petit Bâle protestent contre cette démarche. Le sénat s’efforce de calmer l’agitation. Trois jours après, trois mille hommes prennent les armes et réclament la liberté de la nouvelle religion. Le sénat cède à la force. Ce n’est pas assez : le peuple révolté exige impérieusement l’expulsion du conseil, des membres catholiques. Le sénat tergiverse et traîne la chose en longueur. L’agitation croît avec les hésitations du sénat. Les élections ont lieu les 7, 8 et 9 février 1529; tous les nouveaux conseillers appartiennent à la réforme. Dans sa joie sauvage, la populace poussée aux derniers excès, se rue, le mardi de carnaval (9 février 1529), sur la cathédrale.

1 Urstisius, Epit. hist. Basil., p. 14-5. — * P, Voisard, p. 363,

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