‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 88 sur 612 · PILLAGE DE LA CATHEDRALE DE BALE · texte numérisé non relu

PILLAGE DE LA CATHEDRALE DE BALE

En un instant la vénérable basilique est livrée au pillage. Autels, statues, ornements, tableaux, tout est brisé, lacéré, mis en pièces. Tontes les églises de Bâle sont envahies à la même heure. Partout le pillage et. la destruction. On fait douze bûchers des statues des saints arrachées de ces sanctuaires et on y met le feu ; le peuple pousse des cris de fureur et de joie. A la cathédrale, on ne pouvait enlever la grande croix de Pâques, à cause de son poids énorme; un meunier de Bâle l’emporte sur son cheval; mais au sortir de là, il court se pendre dans son étable : le bourreau lui donna la sépulture infamante des scélérats. 1

Au milieu de ce tumulte, on vit le courageux abbé de Lucelle, Théobald Hylweck, prendre sur ses épaules la statue de S. Bernard et de la Ste. Vierge qui décorait la chapelle de son ordre à Bâle, traverser la ville avec ce pieux fardeau et rapporter cette sainte image à Lucelle, où elle trouva un asile empressé. 2 Le conseil de Bâle, sentant venir l'orage, eut soin d’enfouir dans les caveaux de la cathédrale

Les réformateurs Buccer et Zwingle.

les objets les plus précieux de son trésor: la table d’or, don de S. Henri, aujourd’hui le plus riche ornement du musée de Cluny à Paris, la rose d’or, présent de Clément V à l’évêque de Bâle, des châsses en argent doré d’un merveilleux travail, une croix de procession couverte de pierreries, des encensoirs du goût le plus exquis, etc. 3 Ce furent quelques épaves arrachées au naufrage qui engloutit en un jour les chefs-d’œuvre de plusieurs siècles.

1 Sudan, Basilea sacra, p. 366. — P. Voisard, p. 362. — Urstisius, Epit. hist. Basil., p. 85, 91. - DrTh. von Liebenau, p. 11. = 2 Epit. fast. Lucell., p. 206. = 3 La table d'or de S. Henri a 95 cm. de hauteur et 178 cm. de largeur. La façade tout en or est décorée de cinq grandes figures en haut relief, disposées sous des pleins cintres. Vendue en 1834. lors de la séparation de Bâle-Ville et Bâle-Campagne, elle fut acquise par M. le colonel Theubet de Porrentruy et vendue par lui, en 1854, au gouvernement français qui a fait placer ce chef-d'œuvre au musée de Cluny, à Paris, où se trouvent également la rose d'or de Bâle, et deux châsses d’argent ciselées qui ont coûté au musée 4830 fr. Le duc d’Aumale possède une croix processionnelle de Bâle qu’il a payée 17,955 fr. Deux encensoirs d’argent de la même provenance ont été achetés par M. Sollière 4446 fr. On voyait encore dans la cathédrale de Bâle, suivant l’inven-

taire de nos archives, une croix en argent doré avec les statues du Sauveur, de la SP Vierge et des évangélistes, avec quatre pierres précieuses, trois diamants et un saphir, des statues de David et de St' Anne en bon or, un calice d’or massif, un grand ostensoir en argent sur un pied doré, enrichi de pierres précieuses, huit autres ostensoirs en argent avec des reliques, une statue de S. Christophe en argent massif, le bras de S. Rupert dans une châsse d’argent, des chandeliers, des encensoirs, une crosse,

un Christ en croix en argent etc. Un magnifique manteau impérial, conservé dans le trésor de la cathédrale, fut exposé à l’enchère avec d’autres objets précieux en 1529 et tomba en partage au margrave de Baden. (Wurstisen, Chron. maj. Basil.) Enfoui en 1529 dans les caveaux de la cathédrale,

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