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CHAPITRE X

Pibo de Toul, Hozemann de Spire, Werner de Strasbourg, Bourcard de Bâle, Othon de Constance, Adalbéro de Wurtzbourg, Ruotbert de Bamberg, Othon de Ratisbonne, Burchard de Lausanne, etc. Les membres de rassemblée votèrent la déposition du pape légitime, Grégoire VII, auquel ils adressèrent une lettre synodale, œuvre schismatique péniblement élaborée. 1 Ce factum se terminait par ces paroles injurieuses : . . . „Nous renonçons à une obédience que nous ne vous avions d’ailleurs jamais jurée et que nous n’accepterons jamais. Vous avez affecté, conclut la lettre à frère Hildebrand , Hildebrando fratri, de redire qu’à vos yeux aucun de nous n’était évêque, désormais pour aucun de nous vous ne serez pape." — Outre cette lettre, monument éternel de servitude, de mensonge et de trahison, chaque évêque, au témoignage de Bruno de Magdebourg, fut contraint de signer une déclaration commune de révolte contre le pape légitime. Bourcard d’Asuel signa, comme suit, cet odieux document: „Moi (Bourcard), évêque de la cité de (Bâle), j’abjure dès cette heure et pour toujours toute soumission et obéissance à Hildebrand; désormais je ne le tiendrai plus pour apostolique et ne lui en donnerai plus le nom." 2

L’empereur Henri IV fit également une lettre d’une violence extrême adressée „à Hildebrand, non plus apostolique, mais faux moine", et se terminant par ces mots: „Moi, Henri,- roi par la grâce de Dieu, et tous nos évêques réunis, nous te disons : Descends, descends, maudit dans les siècles des siècles. “ 3 Ce cri de rage, répété avec de frénétiques applaudissements mit fin au conciliabule de Worms.

Aussitôt Henri IV fit partir pour l’Italie une ambassade chargée de notifier partout la déposition de Grégoire VIL Le chef de cette mission fut le comte Ebérard de Nellembourg, auquel furent adjoints Bourcard, évêque de Bâle, et Hozemann de Spire. Ils avaient ordre de voyager jour et nuit pour arriver avant la réunion du concile romain fixé au 22 février 1076. • En moins d’un mois, ils franchirent les Alpes, parcoururent la marche d’Ancône et réunirent à Plaisance et à Pavie les évêques simoniaques qui j urèrent sur les saints évangiles de ne plus reconnaître l’obédience de Grégoire VIL Mais les ambassadeurs du conciliabule de Worms n’osèrent pas aller jusqu’à Rome; ils redoutèrent l’indignation du concile qui allait s’y réunir. Un chanoine de Parme, nommé Roland, et un personnage insignifiant (servum quemdam regis) se chargèrent à leurs risques et périls d’une mission que tous les autres récusaient. Porteurs de la lettre synodale de Worms et des rescrits d’Henri IV, ils arrivèrent à Rome la veille de l’ouverture du concile (21 février 1076). 4 Cent dix évêcpies assistèrent à cette imposante assemblée. Henri IV y fut solennellement excommunié. L’archevêque de Mayence, Sigfried, l’auteur de la lettre synodale de Worms, le fut également par une sentence particulière. L’excommunication solennelle fut prononcée contre les évêques schismatiques en ces termes : „Par le jugement du saint Esprit et l’autorité des bienheureux apôtres Pierre et Paul, nous suspendons de toute fonction épiscopale ceux des évêques qui ont spontanément adhéré au schisme, en ont signé la formule et manifestent encore la résolution d’y persévérer." Lambert d’Hersfeld assure que Bourcard, évêque de Bâle, et Hozemann de Spire, furent, comme ambassadeurs du conciliabule de Worms, l’objet d’un décret spécial d’excommunication, dans lequel fut compris le chef de l’ambassade, le comte Ebérard de Nellembourg. 5

1 Voir Monum. Germ., t. II. p. 44 apud Pertz. = 2 Bruno Magdeburg. Ann. Pat. lat., t. CXLVII.

col. 528. = 3 Watterich, t. I. p. 379. = 4 Berthold Constant. Annal. Pat. lat., t. CXLVII. col. 368. =

5 Lambert. Hersf. Annal. Pat. lat., t. CXLVI. col. 1212.

Henri IV à Canossa,

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