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CHAPITRE XI

Bellelay, Siginand, et aussi le premier prévôt de la collégiale de Saint-Ursanne, nommé Buceo. Le comte Adelbert de Frobourg, l’avoué Werner de Hombourg et le vidôme Werner, font aussi partie de cette auguste assemblée. Le prieur de Saint-Ulrich (dans la Forêt Noire), aussi de l’ordre de Cluny, remplit les fonctions de secrétaire et termine l’acte de composition par cette invocation: „ Maintenant, mon Seigneur, que la providence de votre autorité décide cette affaire." 1

Rodolphe de Hombourg est signalé dans les annales de Strasbourg comme ayant consacré l’église de Tous les Saints du monastère de Marbach (le 1 5 novembre 11 15). 2 Ce couvent de chanoines réguliers de S. Augustin avait été fondé près de Hattstatt en Alsace, dans le diocèse de Bàle, en 1090, par le célèbre maître des docteurs, Manegold de Luttenbach, qui s’y était fait moine. Le chroniqueur Berthold de Constance fixe cette fondation quatre ans plus tard, en 1 094, l’année même où la foudre brisa dans la cathédrale de Bàle la poutre magistrale qui soutenait le grand crucifix à l’entrée du chœur. 3

L’évêque de Bàle figure encore comme témoin dans un diplôme de l’empereur Henri Y en faveur de la ville de Strasbourg (1 1 19), et enfin, l’année même de sa mort (1 122), il confère au chapitre de Saint-Dié des droits sur les dîmes d’Ungersheim, deMittelwihr et de Hunawihr en Alsace, et reconnaît le prévôt elles chanoines de Saint-Dié pour collateurs des églises de ces localités. 4

Ce fut le dernier acte de pieuse générosité de Rodolphe de Hombourg. Il mourut en 1 122, comme l’attestent les annales de Strasbourg (qui s’étendent de 631 à 1238) et la chronique de Munster. 5 On ignore le jour de ce trépas et le lieu de sépulture de cet évêque de Bàle. Le Ube> ■ vitœ de la cathédrale de Bâle n’en fait point mention. Rodolphe de Hombourg portait dans ses armes: d’or à deux aigles de sable l’un sur l’autre.

Après Rodolphe de Hombourg, Sudan (Basilea sacra, p. 187), après Urstisius (Epitome Historiæ Basileensis, p. 297), le P. Voisard, (p. 94) et d’autres, ont placé sur le siège des évêques de Bâle, Louis Ier, comte de Ferrette, et Frédéric Ier, que la Chronique de Saxe, rapportée par les collecteurs des centuries de l’histoire ecclésiastique fait mourir en 1 1 18. 6 Or, rien ne vient appuyer l’existence de ces deux évêques. Aucun titre authentique, aucune charte, aucun monument n’en fait mention. De plus, la mort de Rodolphe de Hombourg étant fixée par des documents certains à l’an 1122, et son successeur Berthold de Neuchâtel figurant déjà connue évêque de Bàle en 1 123, comme nous le montrerons dans l’histoire de son règne, il est impossible de trouver place dans le catalogue de nos évêques pour y loger ces deux personnages. Ils doivent donc être éliminés de notre histoire et rangés, avec plusieurs autres, parmi les fictions des historiens de l’évêché mal renseignés ou copiant en aveugles les récits erronés de chroniqueurs ignorants.

Le successeur de l’évêque Rodolphe de Homburg fut donc Berthold de Neuchâtel. Il appartenait à cette noble famille, dont une ville et un canton de la Suisse portent encore le nom et les armes. Quelques historiens l’ont cru de la race des Neuchâtel en Bourgogne, et lui ont donné les armoiries de cette famille

1 D’Àcliery, Spicii.. I. VII. p. 477. = 3 Bolimer, Annales Argentin, plen. III. 70. = 3 Bertholdi

Consl ant. Ghronicon apud Isserrnann, p. ICI. = 4 Sommier, Histoire de l’église de S. liiez, p. 109. ==

5 Ann. Arg., III. 70. Chron. Monast. apud Martène. thés. nov. anecd.. t. III. rot. 1430. = 6 flenturiarum

historiæ ecelesiastieæ collectores, cent. Id.

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