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L’ÉVÊQUE DE BALE, AVOUÉ DE SAINT-BLAISE

de Pfaffers, il n’osa plus inquiéter l’abbaye par quelque téméraire entreprise. L’année suivante, l’abbé envoya à Rome deux frères, Wicramme et Hugo, pour rendre grâces à Dieu de la paix rendue au couvent par la piété apostolique. Le pape les reçut avec bienveillance; quand les frères (les cardinaux) connurent le motif de leur arrivée à Rome, ils décidèrent d’une seule voix de couvrir de la protection du siège apostolique l’abbé de Pfaffers si sage et si digne ; c’est pourquoi les députés reçurent à leur départ une bulle qui affranchissait à jamais l’abbaye de Pfaffers de la juridiction de l’évêque de Râle (29 janvier 1116)." 1

Nous constatons avec l’auteur contemporain qui nous a laissé ce récit intéressant, que l’évêque de Bâle se soumit entièrement et sans réplique à la sentence du siège apostolique. Du reste, Rodolphe de Hombourg, s’il fit une faute en cette circonstance, la répara en contribuant par des donations importantes à la fondation de l’abbaye de Saint-Jean de Cerlier (canton de Berne). Nous avons vu précédemment l'évêque Bourcard d’Asuel achevant la construction de ce couvent, interrompue par la mort de son frère Conon, évêque de Lausanne (vers 1100). Rodolphe de Hombourg continua l’œuvre de ces deux prélats; une bulle du pape Lucius III du 2 octobre 1185, mentionne parmi les possessions de Saint Jean de Cerlier l'église de la Montagne de Diesse avec ses appartenances, donnée à l’abbaye par Rodolphe, évêque de Bâle, de bonne mémoire et par ses frères; 2 — et une charte du prévôt de Bâle, Berthold de Neuchâtel, de 1209, appelle Rodolphe de Hombourg cofondateur de l’abbaye de Cerlier. 3

Après ces débats au sujet de l’abbaye de Pfaffers â laquelle il dut renoncer, l'évêque de Bâle eut aussi un différend assez sérieux avec l’abbaye de Saint-Biaise qui avait, été donnée à l'Église de Bâle en 1025 par l’empereur Conrad IL Comme avoué de ce monastère, Rodolphe de Hombourg prétendait faire valoir certains droits que l’abbé de Saint-Biaise lui contestait. La cause fut portée devant le pape Calixte II qui chargea le cardinal de Saint- Ange, Grégoire (plus tard pape sous le nom d'innocent II), et l’abbé de Cluny, Ponce de Melgueil, déjuger l'affaire. Les parties furent entendues à Bâle devant les légats du saint siège qui demeuraient au couvent de Saint- Alban, où l’abbé de Cluny trouvait une maison de son ordre. Le jugement fut rendu le 1 août 1 120. On accordait à l’évêque de Bâle le droit de confirmer les abbés de Saint-Biaise en leur remettant la crosse — concessionem per virgam — si les archevêques ou évêques du royaume, avoués de couvents, en faisaient ainsi. Si le saint siège leur retirait ce privilège, le seigneur évêque de Bâle y renoncerait aussitôt. Du reste, l’évêque de Bâle doit protéger les frères de Saint-Biaise, de façon que le couvent prospère et s’augmente de jour en jour. En outre, il faut garder cette vieille prescription retenue et confirmée par les évêques, que l’avoué laïque nommé par l’évêque doit être destitué par le même prélat, s’il tyrannise les hommes et les possessions du monastère, et remplacé par un autre bon avoué.

L'évêque de Bâle et l’abhé de Saint-Biaise assistaient à ces débats et acceptèrent cette aimable composition. L’évêque de Lausanne, Girard de Faucigny, chancelier de l’empereur, figure parmi les témoins réunis à Saint- Alban; on y remarque les chanoines de la cathédrale, le prévôt Hesso, le doyen Hermann, le chantre Hugo, le premier prévôt du chapitre de Moutier-Grandval, le fondateur de l’abbaye de

1 Pertz, Monum. Germ. liist. Eichorn, Episcopus Guiïensisin Rhet.ia. Codex dipl. p. 4b. — Cette bulle

s!‘ trouve dans le tome Ior des Monuments de Trouillat, p. 237. = 2 Matile, Monuments de l’histoire de

Neuchâtel, 1. 1. p. 27. = s Trouillat, 1. 1. p. 449. , Episcopo Ruodolfo basiliensi confundatore. “

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